Projection / débat à ne pas manquer. Un regard inédit sur le Viêt-Nam.
François Guillemot (Institut d’Asie Orientale) et Dominique Foulon (Carnets du Viêt Nam)
présentent
Une projection / débat en présence du réalisateur
le mardi 12 octobre au Théâtre Kantor, 18h-21h
Viêt Nam un cri qui vient de l’intérieur (2020)
Un film de André Menras
Le réalisateur André Menras recueille la parole d’une génération de dissidents, de pêcheurs et de paysans vietnamiens en lutte contre les injustices sociales ainsi que contre l’expansionnisme chinois. Ce film politique dénonce les expropriations foncières abusives et l’autoritarisme de l’État-Parti à travers des témoignages peu connus. Tourné de façon clandestine, le film s’attache à mettre en lumière les conflits qui traversent la société vietnamienne tout en questionnant l’évolution politique du pays.
Cette séance est consacrée aux corpus d’archives mis à la disposition des chercheur-es. Comment ces documents s’articulent-ils avec les mémoires ? Comment le récit historique se nourrit des expériences vécues et des témoignages personnels ? Pour répondre à ces questions, nous nous appuierons sur la présentation du fonds Paul Mus, conservé à l’Institut d’Asie Orientale dont l’inventaire exhaustif vient d’être dressé par Tatiana Tepliashina, doctorante en anthropologie. La vision du “Viêt Nam chez lui”, alors que la guerre d’Indochine débute, décrite par l’orientaliste Paul Mus, nous plonge dans les horizons divergents entre Français et Vietnamiens. Paul Mus cite le philosophe Trân Duc Thao pour analyser le conflit dans son processus “existentialiste” de décolonisation et d’accession à l’indépendance. Le petit ouvrage d’Arlette Farge sur les archives judiciaires françaises du XVIIIe siècle rappelle l’importance de la rigueur historique face à cette sensation de “toucher le réel” et la délicate élaboration du récit. L’approche archivistique du génocide des Khmers rouges est enfin abordée à travers un texte de l’historien David Chandler sur la découverte du centre de détention et de torture S-21 à Phnom Penh.
Textes en discussion :
Chandler, David, S-21 ou le crime impuni des Khmers rouges, Paris, Editions Autrement, coll. “Frontières”, 2002.
Farge, Arlette, Le Goût de l’archive, Paris, Editions du Seuil, Points Histoire H233, 1989.
Mus, Paul, Le Viêt Nam chez lui, Paris, Paul Hartmann éditeur, Centre d’études de politique étrangère, 1946.
Court reportage de 2’30 minutes de la télévision vietnamienne sur “Les historiens français et l’histoire du Viêt-Nam”, avec une apparition furtive des historiens Alain Ruscio et François Guillemot. Reportage de Vo Trung Dung et Nguyên My Linh.
Chaque séance de 3 heures se décompose en deux parties. La première partie est consacrée à l’étude des documents, auparavant lus par tous. La seconde partie est consacrée aux exposés oraux des étudiants et/ou consiste en une discussion autour d’un documentaire historique. Dans tous les cas, les deux parties exigent la participation active des étudiants.
Description succincte et objectif du séminaire :
L’histoire de la décolonisation de la péninsule indochinoise a été, le plus souvent, présentée sous l’angle des littératures officielles marquées par le prisme des vainqueurs. Dans ces textes, la parole des populations reste assez peu lisible. Le Viêt-Nam échappe en partie à cette règle car les vaincus (en outre, les Américains et les Vietnamiens exilés de la République du Sud, voire quelques écrivains du Renouveau) ont chacun de leur côté beaucoup écrit sur leur expérience de la décolonisation et de la guerre. A l’intérieur du pays, aux côtés d’une peinture héroïque et hagiographique de la révolution et de la lutte pour l’indépendance, de nouveaux témoignages entendent bousculer les certitudes. Les Cambodgiens ont largement témoigné du destin de leur pays en guerre en particulier de la violence vécue pendant la dictature du Kampuchéa Démocratique. Le procès des Khmers Rouges a ravivé les traumatismes mais aussi refermé une des pages les plus sombres de l’histoire du XXe siècle. Au Laos, les nouvelles réalités locales interpellent les jeunes adultes de la diaspora sur leur identité et la mémoire collective élaborée en exil. A l’appui de nombreuses publications historiques et politiques et de construction de lieux de mémoires imposants, les vainqueurs de ces trois pays continuent d’affirmer leur légitimité gagnée au prix d’un sacrifice de plus en plus mis à mal par les réalités postcoloniales et la parole d’après-guerre.
L’objectif de ce séminaire est d’inverser la tendance générale des histoires officielles pour se plonger dans les récits de vie, témoignages et mémoires des acteurs, de réfléchir sur leur contenu explicite ou implicite, de poser un regard critique sur ces écrits (à portée autobiographique et « archives de soi »), de réintroduire ces sources « marginales » de l’histoire dans la « grande histoire » de ces pays. Cette approche, très liée aux enjeux mémoriels, permettra de mieux saisir comment nous sortons d’une période où la conscience historique prévalait pour entrer dans une ère où les mémoires envahissent peu à peu la sphère politique. Mémoires manipulées, mémoires conflictuelles ou juxtaposées, tronquées ou oubliées, chacun de ces aspects sera discuté à travers les textes et les exposés oraux du séminaire. La décolonisation de l’Indochine et ses suites avec l’avènement des États-nations postcoloniaux (Viêt-Nam, Laos et Cambodge) est donc ici appréhendée à travers la vision originale des témoins et acteurs de ces pays. Il s’agit en quelque sorte de prendre la juste mesure des mémoires, écrites ou orales, pour interroger l’histoire récente de ces trois pays, et tenter d’élaborer une histoire vue du bas.
Cette année, notre champ d’investigation s’intéressa à la question des altérités et au regard ontologique que les mémoires proposent. Qui sommes-nous et qui est l’autre ? Quelles interactions régissent les rapports colonisés / colonisateurs, quelles dominations se mettent en place ? Comment s’expriment les maintiens des mémoires dans le champ virtuel, interactif et visuel de la toile ? A travers les différentes approches anthropologiques, sociologiques et historiques, du “militaria” au décolonial, du colonial au post-colonial, c’est tout compte fait la question de l’Autre qui se pose à nous et qui bouscule nos propres raisonnements. Cette dernière année du séminaire Mémoires d’Indochine s’attachera donc, entre bilan et perspectives, à revenir sur des enjeux qui traversent les sociétés de la péninsule indochinoise et qui ne peuvent trouver une véritable conclusion académique, voire une finalité ontologique.
Mots clés : archives de soi ; commémoration ; communisme ; discours ; ethnies minoritaires ; ethnoscape ; femmes ; guerre ; histoire orale ; historiographie ; identité ; internet ; libération ; mémoire ; mouvements politiques ; nationalisme ; netnographie ; oppression ; péninsule indochinoise ; récit de vie ; réseaux sociaux ; résistance ; subaltern studies
DALLOZ, Jacques, Dictionnaire de la guerre d’Indochine 1945-1954, Paris, Armand Colin, 2006. Présentation éditeur.
DULUCQ, Sophie, KLEIN, Jean-François, STORA, Benjamin (sous la dir.) Les mots de la colonisation, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2008. Présentation éditeur.
GOSCHA, Christopher E., Historical Dictionary of the Indochina War (1945-1954). An International and Interdisciplinary Approach, Honolulu, University of Hawaii Press/Copenhagen, Nordic Institute of Asian Studies, 2012. (voir lien “Guerre d’Indochine 1945-1956″ ci-dessus). Présentation éditeur.
KLEIN, Jean-François, SINGARAVELOU, Pierre & SUREMAINN, Marie-Albane de, Atlas des empires coloniaux : XIXe-XXe siècles, Paris, Éditions Autrement, Série Atlas/Mémoires, 2012. Présentation éditeur.
TERTRAIS, Hugues, Atlas des guerres d’Indochine, 1940-1990. De l’Indochine française à l’ouverture internationale, Paris, Éditions Autrement, Série Atlas/Mémoires, 2004 (réédition 2007). Présentation éditeur.
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Quelques lectures pour accompagner le séminaire :
ABDOUL-CARIME, Nasir / MIKAELIAN, Grégory et THACH, Joseph (eds.), Le passé des Khmers. Langue, textes, rites, Berne, Peter Lang, 2016. Présentation éditeur.
ANDERSON, Benedict, L’imaginaire national. Réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme, Paris, La Découverte / Poche, 2006. Présentation éditeur.
APPADURAI, Arjun, Après le colonialisme. Les conséquences culturelles de la globalisation, Paris, Editions Payot & Rivages, Petite Bibliothèque Payot, 2005. (Voir le CR de lecture de Marie Bellot).
BANCEL, Nicolas ; BLANCHARD, Pascal ; LEMAIRE, Sandrine, La fracture coloniale. La société française au prisme de l’héritage colonial, Paris, La Découverte, La Découverte Poche, n° 232, 2006. Présentation éditeur.
BRISSON, Thomas, Décentrer l’Occident. Les intellectuels postcoloniaux, chinois, indiens et arabes, et la critique de la modernité, Paris, La Découverte, coll. « Sciences humaines », 2018. Présentation éditeur.
BROCHEUX, Pierre & HEMERY, Daniel, Indochine la colonisation ambiguë 1858-1954, Paris, Éditions La Découverte, textes à l’appui / histoire contemporaine, 2001, nouvelle éd. augmentée et mise à jour. Version anglaise sous le titre Indochina: An Ambiguous Colonization, 1858-1954, Berkeley, University of California Press, 2011. Présentation éditeur (fr.)
DOAN CAM THI, Écrire le Vietnam contemporain: guerre, corps, littérature, Paris, PUPS, 2010. Présentation éditeur.
GOSCHA, Christopher, Indochine ou Vietnam ?, Paris, Vendémiaire, 2015. Traduction de Going Indochinese. Contesting Concepts of Space and Place in French Indochina, Copenhagen, NIAS Press, 2012. Présentation éditeur (fr.).
GOSCHA, Christopher, The Penguin History of Modern Vietnam, London, Allen Lane, 2016. Présentation éditeur.
GUILLEMOT, François, Viêt-Nam, fractures d’une nation. Une histoire contemporaine de 1858 à nos jours, Paris, La Découverte, « La Découverte / Poche », 2018. Présentation éditeur.
GUILLEMOT, François & LARCHER-GOSCHA, Agathe, La colonisation des corps. De l’Indochine au Viêt Nam, Paris, Vendémiaire, « Chroniques », 2014. Présentation éditeur.
HARDY, Andrew, Red Hills. Migrants and the state in the highlands of Vietnam, Copenhagen, Singapore, NIAS press / ISEAS, 2005. Présentation éditeur.
HARTOG, François, Régimes d’historicité. Présentisme et expériences du temps, Paris, Éditions du Seuil, coll. Points Histoire H458, 2012 (rééd.). Présentation éditeur.
HICKEY, Gerald C., Free in the forest. Ethnohistory of the Vietnamese central highlands, 1954-1976, New Haven, Yale University Press, 1982.
HUE-TAM HO TAI (ed.), The Country of Memory. Remaking the Past in Late Socialist Vietnam, Berkeley, University of California Press, 2001. Présentation éditeur.
IVARSSON, Søren, Creating Laos, The Making of a Lao Space between Indochina and Siam, 1860-1945, Copenhagen, NIAS Press, 2008. Présentation éditeur.
LE DANTEC-LOWRY, Hélène ; RENAULT, Matthieu et al., Histoire en marges. Les périphéries de l’histoire globale, Presses universitaires François-Rabelais, coll. « Civilisations étrangères », 2018. Présentation éditeur.
LE FAILLER, Philippe, La rivière Noire, l’intégration d’une marche frontière au Vietnam, Paris, CNRS éditions, coll. « CNRS Alpha », 2014. Présentation éditeur.
NGUYEN, Nathalie Huynh Chau, La mémoire est un autre pays. Femmes de la diaspora vietnamienne, Paris, Riveneuve éditions, 2013.
NGUYEN Thê Anh, Monarchie et fait colonial au Viêt-Nam (1875-1925). Le crépuscule d’un ordre traditionnel, Paris, L’Harmattan, “Recherches asiatiques”, 1992. Présentation éditeur.
PO DHARMA, Du Flm au Fulro : une lutte des minorités du sud indochinois, 1955-1975, Paris, Les Indes savantes, 2006. Présentation éditeur.
RICOEUR, Paul, La mémoire, l’histoire et l’oubli, Paris, Éditions du Seuil, Points Essais 494, 2000 (rééd. 2003). Présentation éditeur.
SEMELIN, Jacques, Purifier et détruire. Usages politiques des massacres et génocides, Paris, Éditions du Seuil, Point Seuil Essais 696, 2005, parution en poche en 2017. Présentation éditeur.
SOUYRI, Pierre-François (textes réunis par), Mémoire et fiction. Décrire le passé dans le Japon du XXe siècle, Arles, Éditions Philippe Picquier, 2010. Présentation éditeur.
SPIVAK, Gayatri Chakravorti, Les subalternes peuvent-elles parler ?, Paris, Éditions Amsterdam, 2009, nouvelle édition 2020. Présentation éditeur.
TARAUD, Christelle, La colonisation, Paris, Éditions Le Cavalier bleu, coll. “idées reçues”, 2008. Présentation éditeur.
TRAVERSO, Enzo, Passés singuliers. Le “Je” dans l’écriture de l’histoire, Montréal, Luc éditeur, coll. “Hors collection”, 2020. Présentation éditeur.
WATERSON, Roxana & KWOK Kian-Woon (eds), Contestations of memory in Southeast Asia, Singapore, National University of Singapore Press, 2012. Présentation éditeur.
WATERSON, Roxana (ed.), Southeast Asian Lives: Personal Narratives and Historical Experience, Singapore, National University of Singapore Press, 2006. Présentation éditeur.
Numéros spéciaux de revues et articles en ligne :
ARTIERES, Philippe & KALIFA, Dominique (éd.), “Histoire et archives de soi”, Sociétés & Représentations, n° 13, 2002/1.
BAUSSANT Michèle et al., « Des passés déplacés. Mémoires des migrations », Paris, Seuil, Communications, EHESS, Centre Edgar Morin, n° 100, 2017. Disponible sur Persée.
CHIVALLON, Christine, « Retour sur la « communauté imaginée » d’Anderson. Essai de clarification théorique d’une notion restée floue », Raisons politiques, 2007/3 (n° 27), p. 131-172. Disponible sur Cairn.
DOAN Cam Thi, « Femme, fantasme et guerre. Genèse d’une parole libre dans « La survivante de la Forêt qui rit », nouvelle vietnamienne de 1991 », La revue des ressources, lundi 2 avril 2007. Voir en ligne.
LAPIERRE, Nicole (sous la dir.), « La mémoire et l’oubli », Seuil, Communications, n° 49, 1989.
TORRES, Pedro Ruiz (dir.), « Transferts de mémoires », Passés Futurs, n° 3 en ligne sur Politika.
VIRGILI, Fabrice (éd.), “Les lois genrées de la guerre”, CLIO Femmes, Genre, Histoire, n° 39, 2014. Voir en ligne.
ZANCARINI-FOURNEL, Michelle, « À propos du « retard » de la réception en France des Subaltern Studies », Actuel Marx, 2012/1 (n° 51), p. 150-164. Disponible sur Cairn.
Travaux à faire et notation : Présence régulière au séminaire requise, participation active, lecture et commentaire des documents proposés obligatoires (30 % de la note). Chaque étudiant devra faire le Compte rendu de lecture [CR] d’un ouvrage sur 3 ou 4 pages (maxi) interligne 1,5, accompagné d’une recherche bibliographique autour de l’ouvrage (40 % de la note). Le même ouvrage sera présenté oralement pendant vingt minutes au cours du séminaire (30 % de la note). Des précisions sur ces travaux seront apportées lors de la séance introductive. Dans les conditions particulières de ce semestre liées à la crise sanitaire, le travail demandé pourra être modifié.
Image « à la une » : FX, Dévastation, 2021 (détail).
Hommage de l’historien K.W. Taylor (professeur en études culturelles sino-vietnamiennes au département des études asiatiques de l’Université de Cornell) à son collègue John K. Whitmore, historien du Viêt-Nam à l’Université de Michigan, récemment décédé.
John Kremers Whitmore (1940–2020) was the pioneer of Vietnamese studies in the United States, not only because of his own research and publications but equally because he trained and nurtured new generations of young scholars. In the 1960s, Vietnamese studies in the United States hardly existed. There were anti-war academics, mostly specialising in American history, with a few having expertise in some Southeast Asian country other than Vietnam. But scholars who studied Vietnam as a country and not just as a war were exceedingly rare. Only one American was devoted to the study of Vietnam on its own terms, and that was John Whitmore.
Un grand spécialiste de l’histoire du Viêt-Nam ancien s’en est allé. In Memoriam rédigé par son collègue et ami Victor Lieberman de l’Université de Michigan.Posté initialement sur la liste du Vietnam Studies Group.
Dr. John K. Whitmore, a renowned scholar of early Vietnamese history, an esteemed teacher, an active member of the Center for Southeast Asian studies, and a personal friend, passed away in November, 2020.
John’s research focused on Vietnamese political and cultural evolution from the eleventh through the sixteenth centuries. When he began his work, during the height of the Vietnam War, antiwar activists had popularized an image of Vietnam as an ancient, homogeneous, historically stable “nation” whose struggle against the Americans simply continued an age-old struggle for independence from China. But, without getting involved in contemporary politics, John undertook fine-grained studies of Chinese-language Vietnamese sources to chart carefully the origin and evolution of Vietnamese identity. He discovered, first, that in the early centuries of the second millennium what is now northern Vietnam was home to three principal groups — recent Chinese immigrants, older populations of mixed Chinese-indigenous origin, and upland communities speaking local Vietnamese dialects. In competitive and cooperative configurations these groups evolved and interacted, but there was no coherent Vietnamese identity on an elite level until the late fifteenth century, and on a popular level until very much later. To speak of a premodern “nation” is anachronistic. John was particularly interested in the long-term impact on Vietnamese society of Chinese and regional commercial currents. In his last years he also charted the history in what is now central Vietnam of the Cham kingdom, for which he worked out an entirely new chronology and theoretical framework.
John was a scholar’s scholar. A meticulous no-nonsense researcher, his conclusions followed wherever his primary materials led him. He was not the least reluctant to revise his own earlier interpretations in the light of new evidence; indeed he exulted in the joy of discovery. His love of research, his mastery of complex detail, his openness to new historiographic approaches, but also his uncompromising intellectual independence and disregard for fleeting fashion, were never far from the surface.
As a teacher, he was unfailingly patient, amiable, sympathetic, and encouraging. Students, although in awe of his expertise, eagerly sought him out. As a colleague, he was no less supportive. Most of what I know about early Vietnamese history I learned from John, both from his writings and from innumerable dinner conversations over many years.
We first met some 57 years ago when he was an instructor in an undergraduate course in Southeast Asian history that I took at Yale. Although our physical paths diverged not long thereafter, we remained in contact, only to find ourselves once again on the same campus, this time in Ann Arbor, in 1984. Since then we have remained in regular contact. For years we co-taught a U of M seminar on early Southeast Asia. And we saw one another on frequent social occasions. John was an unfailingly loyal and generous friend, and his passing will leave a hole in many people’s lives.
John is survived by his former wife, three sons, and six grandchildren.
Pour accompagner et en complément de séance 5 du 18 novembre 2020 : Exils, résistances et génocides : une péninsule “brutalisée” . URL : https://indomemoires.hypotheses.org/36646
Audoin-Rouzeau Stéphane, « George L. Mosse : réflexions sur une méconnaissance française », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2001/1 (56e année), p. 183-186. DOI : 10.3917/anna.561.0183. URL : https://www.cairn.info/revue-annales-2001-1-page-183.htm