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La constitution vietnamienne de 2013 confrontée au monde réel : choix pragmatique ou réflexe protectionniste ?

QuocHoiVietNamComme il fallait s’y attendre, la décision de l’Assemblée nationale vietnamienne (ANV) sur le projet de refonte de la Constitution de 1992 (amendée en 2001) a été conforme aux injonctions du Parti communiste vietnamien (PCV). A plus de 97% des voix, la nouvelle constitution a été adoptée [1]. La décision de confirmer voire d’amplifier le rôle du PCV au sein de cette nouvelle mouture est historique. Elle marque pour nombre de citoyens l’entêtement d’un pouvoir politique hostile à la réforme ou plus exactement pétrifié par celle-ci.

Pour nombre de députés, mieux vaut attendre confortablement que de s’opposer et de s’investir sur la voie périlleuse d’une réforme politique dont personne ne connaît les limites. L’attentisme évite une prise de risque importante tout autant dans la perspective d’un effondrement (jugé par ailleurs peu probable) que dans celle d’une embellie politique (également peu envisageable sauf en cas de fort redémarrage économique). La fissure au sein du PCV est là, à la merci du temps, pour se transformer en fracture. Aperçu sur le changement constitutionnel et éléments de réflexion sur la nouvelle constitution qui entrera en vigueur au 1er janvier 2014.

Quelle lecture ?

La lecture de cet événement clé n’est guère évidente mais deux pistes peuvent être dessinées. La première consisterait à dire que l’Assemblée nationale a exprimé sa peur d’un changement de régime engendrant la perte du propre statut des députés actuels. En quelque sorte il s’agirait là d’un réflexe d’autodéfense du PCV (4 millions de membres) face à un monde extérieur, symbolisé par le réel, de plus en plus inquiétant. Ce monde réel, incarné par les intellectuels, les blogueurs insolents, les dignitaires religieux et les paysans indignés, gagne du terrain depuis plusieurs années n’hésitant plus à exprimer une opposition vive au communisme d’État tel qu’il est pratiqué aujourd’hui. Cette hostilité envers une idéologie jugée rétrograde et surtout paralysante s’est parfaitement illustrée lorsque l’Assemblée nationale a ouvert la consultation populaire sur le projet de refonte de la constitution. Elle fut portée par des membres du parti, par des intellectuels impatients et par de nombreux citoyens si l’on considère avec sérieux les 15.000 signataires du projet alternatif du Groupe des 72 [2].

KetQuaBieuQuyet

La seconde lecture est une lecture interne liée à la fois à la pratique de la députation au Viêt-Nam et au contenu de la nouvelle constitution. Quels furent les véritables mobiles qui conduisirent une majorité écrasante de 97% des députés à voter pour cette nouvelle constitution ? On doit en effet se poser la question sur ce score “soviétique” ou “nord-coréen” pour reprendre l’expression de Jonathan London dans son analyse du résultat [3]. Est-il seulement le fruit d’une peur, celle de perdre sa place, ses privilèges ou ses avantages ? Ou a-t-il été également motivé par une lecture différente par les uns et les autres d’un même texte ? Les uns y auraient vu un renforcement du PCV et les autres une “ouverture citoyenne”, illustrée par l’important Chapitre deux en position stratégique juste derrière celui qui concerne le parti. Pour le savoir, il faut se replonger dans l’exégèse du texte adopté, exercice que seuls des constitutionnalistes expérimentés pourront mener prochainement lorsque la dite constitution prendra effet et sera confrontée au réel. S’il est évidemment trop tôt pour analyser son impact, on peut néanmoins rappeler en quelques lignes de quoi est faite cette constitution et souligner succinctement les apports par rapport à l’ancien texte.

En bref, entre une lecture brute au premier degré qui bute d’emblée sur l’article 4 du Premier Chapitre et une lecture fine des possibilités d’émancipation offertes par le Chapitre Deux, plusieurs options se présentent.

HienPhapVietNam

Quelques éléments clés de la constitution révisée

Pour les médias officiels, la nouvelle constitution de 2013 est ni plus ni moins une rédaction révisée de celle de 1992, l’inscrivant ainsi dans la continuité et non dans la rupture :

La Constitution de 1992 dans sa rédaction de 2013 affirme le rôle directeur du Parti communiste du Vietnam et témoigne de la volonté et de l’aspiration de l’immense majorité de la population, a souligné Nguyen Sinh Hung [président de l’Assemblée nationale], ajoutant que les députés et, plus généralement, tout le système politique, avaient fait de leur mieux pour recueillir des opinions et mettre au point le projet de révision [4].

La nouveauté est perceptible à travers deux aspects que nous soulignons en gras :

La Constitution de 1992 dans sa rédaction de 2013 comprend désormais 11 chapitres totalisant 120 articles, soit un chapitre et 27 articles de moins que la précédente version. Elle exprime mieux la nature démocratique de l’État vietnamien en cette période de transition vers le socialisme, comprenant des dispositions plus précises et plus complètes sur les régimes politique et économique, sur les droits de l’Homme, les droits et devoirs fondamentaux du citoyen, la structure de l’État… [5]

Comme l’ont relevé bon nombre d’observateurs étrangers, la nouvelle constitution confirme le rôle central du PCV, décrété “force dirigeante de l’État et de la société” dans l’article 4. (Đảng Cộng sản Việt Nam […] là lực lượng lãnh đạo Nhà nước và xã hội) [6]. Rien en change donc sur le plan de la direction politique du pays. Le multipartisme et le pluralisme politique ont été rejetés en bloc par une Assemblée nationale faisant figure plus que jamais de chambre d’enregistrement du PCV. Ce fait n’étonne d’ailleurs personne comme le déclare Le Hieu Dang, membre du PCV depuis 45 ans et ancien vice-président du Front de la Patrie à Ho Chi Minh-Ville, dans un entretien rapporté par Radio Free Asia (RFA) :

Tout d’abord, l’Assemblée nationale vietnamienne ne ressemble pas à l’assemblée nationale d’autres pays, tous les députés sont membres du parti, tous des cadres. Ce ne sont pas des activistes politiques ou sociaux, en réalité ils ne sont pas du côté du peuple. Je savais qu’ils adopteraient [la nouvelle constitution] de toute façon, car avant cela il y avait eu la réunion du Comité central sur ce sujet. Je ne suis absolument pas surpris (“Trước hết là Quốc hội Việt nam không phải như quốc hội các nước khác, toàn là đảng viên không, cán bộ không. Chứ họ không phải là những nhà hoạt động chính trị hay xã hội, thành ra họ đâu có đứng về phía dân. Tôi biết thế nào họ cũng thông qua thôi, vì trước đó có họp ban chấp hành trung ương đảng về việc đó rồi. Tôi không có gì ngạc nhiên hết”).  [7]

Le second point important concerne l’économie du pays et la déception semble également prendre le dessus. Alors que l’on pouvait penser que le rôle des entreprises d’État serait redéfini et revu à la baisse, la nouvelle constitution conforte la jonction entre les élites politiques et les entreprises d’État. La fabrique de la nomenklatura qui détient le pouvoir politique et économique n’est pas remise en cause, elle est même confortée comme le démontre l’analyse officielle :

Sur le plan socioéconomique, la Constitution a fusionné les anciens chapitres sur l’économie et sur la culture, la société, les sciences, l’éducation et les technologies, afin d’affirmer les liens entre l’économie, la culture, l’éducation, les sciences et les technologies, et l’environnement, exprimant plus clairement la nature d’économie de marché à orientation socialiste du pays. Elle ne mentionne pas les composantes économiques dans le Programme mais affirme le rôle directeur du secteur de l’économie publique [8].

Un troisième aspect est l’absence de clauses protectrices sur la question foncière pourtant soulevée par les intellectuels soucieux de l’arbitraire qui touche le monde paysan. Le Hieu Dang, quelque peu pessimiste, résume la situation actuelle :

“Il y a deux questions, les questions de démocratie et les questions foncières, qui ont un caractère d’urgence pour les gens. Dans les campagnes, les paysans souffrent pour leurs terres, ils sont victimes de l’oppression des autorités locales. Le pays est indépendant mais le peuple n’est pas heureux. (“Có hai vấn đề là vấn đề dân chủ và vấn đề ruộng đất rất bức thiết với người dân. Ở nông thôn, người dân khổ sở vì ruộng đất, bị chính quyền địa phương nó áp bức. Đất nước độc lập mà người dân đâu có sung sướng).” [9]

Or, sur ce point la nouvelle constitution formule une réponse timide. La question foncière fut pourtant débattue à l’Assemblée nationale mais déconnectée de la refonte du texte [10].

Quatrième point, et non des moindres, un rôle prépondérant est donné aux citoyens. Sur la forme, ceci apparaît d’emblée en plaçant ce chapitre en second juste après le “Régime politique”, un aspect novateur par rapport au texte de 1992. Le Chapitre Deux décline en 36 clauses sur 120 au total (14 à 49) les droits et les devoirs de ceux-ci et les droits semblent à première vue revalorisés par rapport à l’ancien texte. Cependant, cette “revalorisation” apparaît en contradiction avec le Chapitre Un consacré au Régime politique. La tension qui existe désormais entre les deux pourra s’assouplir ou s’agrandir au contact des réalités quotidiennes. Et surtout, en insistant sur ce que doit faire ou pas le “bon citoyen”, la nouvelle constitution n’échappe pas à une perception paternaliste de la société.

Cette nouvelle représentation populaire est présentée par la lecture officielle comme une avancée démocratique. Ce que souligne le professeur Le Minh Thong, vice-président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale, sur le site d’information Vietnam + :

“C’est la première fois que la Constitution affirme que la République socialiste du Vietnam est un État de droit dont le peuple est maître”.

Il poursuit : “La Constitution exprime pour la première fois le droit à la démocratie directe du peuple, affirmant que le peuple exerce son pouvoir dans le cadre d’une démocratie directe, ou indirecte, par l’intermédiaire de la représentation à l’Assemblée nationale, au Conseil populaire et aux autres organes. C’est aussi la première fois que la Constitution affirme que le vietnamien est la langue nationale. La Constitution précise également les droits de l’homme et complète nombre de points relatifs aux droits des citoyens, sur la base des acquis du développement humain lors de ces près de 30 années du Renouveau. Elle affirme clairement la responsabilité de l’État dans la garantie des droits et devoirs fondamentaux du citoyen”. [11]

Le député Duong Trung Quoc. Une voix pour représenter les aspirations d'une partie de la population © 2013 V.Dũng
Le député Duong Trung Quoc. Une voix pour représenter les aspirations d’une partie de la population © 2013 V.Dũng 

Enfin, un point crucial est soulevé par l’un des deux députés qui n’ont pas validé le projet en s’abstenant de voter. Duong Trung Quoc formule une inquiétude :

“Dans l’histoire constitutionnelle de notre pays, c’est la première fois qu’est énoncé dans le préambule de la Constitution le concept selon lequel la Constitution est une ‘institutionnalisation du programme politique du Parti’ (Thể chế hóa Cương lĩnh), héritière des constitutions précédentes. Beaucoup de questions abordées dans le processus de modification constitutionnelle ne sont pas encore finalisées… les problèmes liés au système de gouvernement local, les administrations municipales, les conseils populaires locaux à tous les échelons, le processus délibératif reste peu clair” (“đây là lần đầu tiên trong lời nói đầu của Hiến pháp viết thẳng quan niệm Hiến pháp chỉ là thể chế hoá cương lĩnh” của Đảng và kế thừa những Hiến pháp có trước. Nhiều vấn đề mà quá trình thảo luận trong quá trình sửa đổi Hiến pháp còn chưa ngã ngũ…những vấn đề liên quan đến hệ thống chính quyền địa phương, chính quyền đô thị, hội đồng nhân dân các cấp quá trình thảo luận còn chưa rõ ràng”). [12].

Seule voix indépendante et autoproclamée comme telle, le député Duong Trung Quoc a motivé son abstention pour représenter la partie du peuple vietnamien qui ne se reconnaît pas totalement dans le nouveau texte [13].

La déception des pro-démocrates

Comme nous l’avions vu dans de précédents billets, la question de la refonte de la constitution a suscité tout au long de l’année un immense espoir. Celui-ci s’est incarné dans plusieurs groupes d’opinion, téméraires et décidés, pour faire évoluer le régime actuel vers une démocratie libérale à l’occidentale ou du moins vers le multipartisme. Des constitutions alternatives ont été proposées. Un site de partage d’idées a été créé (il fermera le 5 décembre prochain) [14]. Les espoirs de ces rénovateurs ont été au fil de l’année rapidement échaudés avec la mobilisation massive de la propagande d’État pour faire passer l’essentiel du texte initial. Cette déception est perceptible dans les propos sévères du professeur Tuong Lai :

Maintenant, une nouvelle constitution a été adoptée ne comportant rien de nouveau, aucun progrès, aucune envie de répondre à l’espoir de démocratie libérale, les clauses concernant les droits de l’homme sont toutes floues, voire même certaines ont été effacées, mais en plus de cela elle préconise un système totalitaire qui va à l’encontre à la démocratie et l’État de droit ” (Bây giờ hiến pháp mới được thông qua không có điểm có điểm gì mới, không có tiến bộ, không đáp ứng được khát vọng dân chủ tự do, những điều về quyền con người thì đều bị bị lu mờ đi, thậm chí còn bị gạt bỏ, mà còn đề cao một thể chế toàn trị đối ngược lại với dân chủ và pháp quyền.”) [15]

Autant dire que les pro-démocrates ne croient pas à la lecture de “l’ouverture citoyenne” que nous annoncions plus haut. Et comme l’ont rappelé plusieurs commentateurs, la responsabilité du pays incombe désormais au PCV seul. Il devra ainsi rendre des comptes. D’autres internautes sont encore plus amers comme Tuong Thuy qui conclut son analyse par cette phrase cinglante :

“En adoptant la Constitution de 1992 révisée, la treizième législature de l’Assemblée nationale commet une faute devant la Patrie, le Peuple et doit en assumer la responsabilité devant l’histoire” (Với việc thông qua Hiến pháp 1992 sửa đổi, Quốc hội Việt Nam khóa 13 đã có tội với Tổ Quốc, với Nhân dân và phải chịu trách nhiệm trước lịch sử.) [16]

A tout bien considérer, la consultation populaire de cette année a eu un double effet paradoxal. Contesté par des prises de positions franchement hostiles à son maintien au pouvoir, le PCV a saisi au vol cette tension pour in fine réaffirmer son rôle dominant/dominateur sur l’ensemble de l’État et de la société, une façon de réaffirmer sa toute-puissance. Deuxième effet de cette contestation publique, les députés ne pouvaient rester sourds aux appels du peuple pour l’ouverture politique. Cette question sensible aboutit dans le texte constitutionnel à un renforcement du rôle du peuple comme entité support du régime et de son fonctionnement. Ainsi, tout en prenant compte de certaines vues des contestataires (démocratisation, droits renforcés des citoyens), le texte contrebalance l’ouverture par la réaffirmation du rôle du parti sur l’État et les citoyens eux-mêmes.

Le résultat, s’il y en a un, n’est pas très rassurant car il donne désormais plein pouvoir à l’élite politique, la seule qui ait droit de citer. Or, cette nomenklatura aux intérêts politiques et économiques savamment enchevêtrés peut s’estimer protégée par la nouvelle constitution. Telles sont les déceptions et inquiétudes diverses des défenseurs d’une franche ouverture démocratique. Dans un communiqué diffusé le 29 novembre, le Groupe des 72, critique vertement l’inscription d’un Parti au-dessus des lois et du peuple et la soumission de la Constitution au programme politique du PCV. Même si quelques avancées sont soulignées, les signataires loin de baisser les bras lancent un avertissement :

Nous exigeons que l’Assemblée nationale, le Gouvernement et les organes dirigeants du PCV respectent les droits naturels de l’homme et les libertés démocratiques des citoyens, avant tout la liberté d’expression, la liberté de la presse, le droit de créer des associations, le droit de manifester, le droit de voter et de se présenter. En particulier nous demandons dès à présent de mettre tout en œuvre pour l’organisation d’une élection honnête pour la 14e législature de l’Assemblée nationale afin qu’elle puisse représenter réellement le peuple, avoir la capacité d’agir et le droit de s’acquitter de ses responsabilités. (“Chúng tôi đòi Quốc hội, Chính phủ và cơ quan lãnh đạo ĐCSVN tôn trọng các quyền tự nhiên của con người và quyền tự do dân chủ của công dân, trước hết là quyền tự do ngôn luận, quyền tự do báo chí, quyền lập hội, quyền biểu tình, quyền bầu cử và ứng cử. Đặc biệt chúng tôi yêu cầu ngay từ bây giờ phải làm mọi việc cần thiết cho một cuộc bầu cử trung thực Quốc hội khóa XIV để Quốc hội thực sự đại diện cho dân, có năng lực và thực quyền đáp ứng được trách nhiệm của mình”) [17].

Pour eux, rien n’est réglé. Ceci dit, ils savent aussi qu’ils pourront défendre certains droits à l’expression politique en s’appuyant justement sur la nouvelle constitution et ils ne manqueront pas de le faire.

En guise de conclusion : l’expérience socialiste fracturée

En clair, le PCV n’a pas osé tranché pour la rupture. La stabilité politique est une valeur refuge pour le Parti. La voie choisie est un “juste milieu” entre un retour du PCV au centre pour réaffirmer sa légitimité – quelque peu écornée ces dernières années par le relatif échec économique reconnu par Nguyen Tan Dung lui-même (relatif tout de même au regard de nos économies occidentales qui peinent), par les grosses affaires de corruption, les brutalités policières contre des net-citoyens ou des paysans revendicatifs, etc. – et une volonté de mettre également le “peuple”, l’idéal-type du communisme vietnamien, au-dessus de l’État mais encore et toujours sous le Parti. On le voit bien l’exercice est bancal et contradictoire mais il permet au PCV de se maintenir telle la figure de proue du navire Viêt-Nam qui surfe sur les vagues tumultueuses de la mondialisation. Cette position paternaliste et dans une certaine mesure néo-confucéenne est bousculée sur sa base par un peuple qui a bien compris que tout continuerait comme avant…

Tout continuera-t-il justement comme avant ? La question de la refonte de la constitution a propulsé sur le devant de la scène la fracture ouverte qui ronge peu à peu le Parti. Ceux qui désirent le changement ne sont pas les affreux “réactionnaires” d’antan livrés à la vindicte populaire, ce sont d’honorables compagnons de route qui ont saisi sans doute mieux que personne l’impasse dans laquelle le Parti se fourvoie entraînant dans son sillon (ou tentant de le faire) l’ensemble de la société. Les humbles et les courageux de l’Appel des 72 connaissent ce régime sur le bout des doigts, l’accompagnant et le subissant tant bien que mal depuis la période de la guerre.

En réalité, il n’y a pas à être surpris, la RSVN a toujours revendiqué son droit à l’expérience décliné par le vocable “État de droit socialiste” dans une “Économie de marché à orientation socialiste”. Faut-il y croire ou en rire ? Faut-il prendre au mot et à la lettre l’assertion de Lee Kuan Yew (ancien Premier ministre de Singapour) qui, se basant sur son expérience d’ancien conseiller du gouvernement communiste vietnamien, place dans ses récentes mémoires l’intertitre suivant pour décrire le Viêt-Nam ? : “Enfermés dans une mentalité socialiste” (Locked in a socialist mindset) [18]. L’application de la nouvelle constitution permettra de jauger en direct du durcissement politique que certains imaginent déjà ou de l’ouverture citoyenne désormais inscrite dans le marbre.

François Guillemot, 30/11/2013.

Notes

[1] Voir : AN : Adoption de la réforme constitutionnelle, Vietnam +, 28/11/2013.

[2] Voir sur Mémoires d’Indochine : FG, L’affaire de la refonte de la constitution vietnamienne : Fin de Parti ou fin de partie ?, 05/03/2013 et Le 4/02/2013 : une journée historique ? – Trao kiến nghị về Hiến pháp, 07/02/2013.

[3] Jonathan London, Việt Nam ơi, đừng tuyệt vọng!, Diễn Đàn Xã Hội Dân Sự (XHDS), 29/11/2013.

[4] VNA, Clôture de la 6e session de l’Assemblée nationale, Vietnam +, 30/11/2013.

[5] AN : Adoption de la réforme constitutionnelle, art. cit.

[6] Voir le texte en ligne sur Mémoires d’Indochine : Toàn văn Hiến pháp sửa đổi [VnExpress] – Texte remanié de la constitution de la RSVN (pdf en bas d’article) ; voir aussi l’analyse d’Églises d’Asie : “L’hégémonie du Parti communiste encore renforcée par la nouvelle Constitution“, EDA, 28/11/2013.

[7] Ý kiến người dân về Bản hiến pháp sửa đổi mới được QH thông qua, RFA, 28/11/2013.

[8] VNA, Les nouveautés de la Constitution de 1992 à l’issue de sa révision, Vietnam +, 29/11/2013.

[9] Ý kiến người dân về Bản hiến pháp sửa đổi mới được QH thông qua, art. cit.

[10] VNA, AN : adoption de la loi sur le foncier, Vietnam +, 29/11/2013.

[11] VNA, Les nouveautés de la Constitution de 1992 à l’issue de sa révision, art. cit.

[12] Tại sao đại biểu Dương Trung Quốc không bấm nút?, Diễn Đàn Xã Hội Dân Sự (XHDS), 30/11/2013. Interview retranscrite sur Tuoi Tre, 30/11/2013.

[13] Idem.

[14] Voir l’entrée sur Wikipedia qui retrace l’ensemble des débats de 2013 : Đợt sửa đổi Hiến pháp 2013 ; voir aussi “L’Au revoir” de l’équipe du site Cùng Viết Hiến Pháp.

[15] Ý kiến người dân về Bản hiến pháp sửa đổi mới được QH thông qua, art. cit.

[16] Tường Thụy, Quốc hội khóa 13 phải chịu trách nhiệm trước lịch sử, Diễn Đàn Xã Hội Dân Sự (XHDS), 29/11/2013.

[17] Tuyên bố về Hiến pháp sửa đổi, Diễn Đàn Xã Hội Dân Sự (XHDS), 29/11/2013. Signé : Những người khởi xướng, hưởng ứng kiến nghị 72 và đã ký Lời kêu gọi dừng việc thông qua Hiến pháp sửa đổi gửi Quốc hội ngày 15-11-2013.

[18] Lee Kuan Yew, One Man’s View of the World, Singapore: Straits Times Press, 2013.

Toàn văn Hiến pháp sửa đổi [VnExpress] – Texte remanié de la constitution de la RSVN

HienPhapVietNam[ndlr] 97% des Députés de l’Assemblée nationale du Viêt-Nam ont approuvé le 28 novembre 2013 le texte remanié de la constitution de la RSVN. La nouvelle constitution révisée entrera en vigueur le 1er janvier prochain. Cet événement historique est d’ores et déjà très commenté. Texte du préambule et du chapitre 1 (“Régime politique”) reproduit ci-dessous avec le lien au texte intégral.

* * *

 

Dưới đây là bản Hiến pháp sửa đổi được Quốc hội thông qua sáng 28/11/2013

LỜI NÓI ĐẦU

Trải qua mấy nghìn năm lịch sử, Nhân dân Việt Nam lao động cần cù, sáng tạo, đấu tranh anh dũng để dựng nước và giữ nước, đã hun đúc nên truyền thống yêu nước, đoàn kết, nhân nghĩa, kiên cường, bất khuất và xây dựng nên nền văn hiến Việt Nam.

Từ năm 1930, dưới sự lãnh đạo của Đảng Cộng sản Việt Nam do Chủ tịch Hồ Chí Minh sáng lập và rèn luyện, Nhân dân ta tiến hành cuộc đấu tranh lâu dài, đầy gian khổ, hy sinh vì độc lập, tự do của dân tộc, vì hạnh phúc của Nhân dân. Cách mạng tháng Tám thành công, ngày 2 tháng 9 năm 1945, Chủ tịch Hồ Chí Minh đọc Tuyên ngôn độc lập, khai sinh ra nước Việt Nam dân chủ cộng hòa, nay là Cộng hòa xã hội chủ nghĩa Việt Nam. Bằng ý chí và sức mạnh của toàn dân tộc, được sự giúp đỡ của bạn bè trên thế giới, Nhân dân ta đã giành chiến thắng vĩ đại trong các cuộc đấu tranh giải phóng dân tộc, thống nhất đất nước, bảo vệ Tổ quốc và làm nghĩa vụ quốc tế, đạt được những thành tựu to lớn, có ý nghĩa lịch sử trong công cuộc đổi mới, đưa đất nước đi lên chủ nghĩa xã hội.

Thể chế hóa Cương lĩnh xây dựng đất nước trong thời kỳ quá độ lên chủ nghĩa xã hội, kế thừa Hiến pháp năm 1946, Hiến pháp năm 1959, Hiến pháp năm 1980 và Hiến pháp năm 1992, Nhân dân Việt Nam xây dựng, thi hành và bảo vệ Hiến pháp này vì mục tiêu dân giàu, nước mạnh, dân chủ, công bằng, văn minh.

CHƯƠNG I

CHẾ ĐỘ CHÍNH TRỊ

Điều 1

Nước Cộng hoà xã hội chủ nghĩa Việt Nam là một nước độc lập, có chủ quyền, thống nhất và toàn vẹn lãnh thổ, bao gồm đất liền, hải đảo, vùng biển và vùng trời.

Điều 2  

1. Nhà nước Cộng hòa xã hội chủ nghĩa Việt Nam là nhà nước pháp quyền xã hội chủ nghĩa của Nhân dân, do Nhân dân, vì Nhân dân.

2. Nước Cộng hòa xã hội chủ nghĩa Việt Nam do Nhân dân làm chủ; tất cả quyền lực nhà nước thuộc về Nhân dân mà nền tảng là liên minh giữa giai cấp công nhân với giai cấp nông dân và đội ngũ trí thức.

3. Quyền lực nhà nước là thống nhất, có sự phân công, phối hợp, kiểm soát giữa các cơ quan nhà nước trong việc thực hiện các quyền lập pháp, hành pháp, tư pháp.

Điều 3

Nhà nước bảo đảm và phát huy quyền làm chủ của Nhân dân; công nhận, tôn trọng, bảo vệ và bảo đảm quyền con người, quyền công dân; thực hiện mục tiêu dân giàu, nước mạnh, dân chủ, công bằng, văn minh, mọi người có cuộc sống ấm no, tự do, hạnh phúc, có điều kiện phát triển toàn diện.

Điều 4

1. Đảng Cộng sản Việt Nam – Đội tiên phong của giai cấp công nhân, đồng thời là đội tiên phong của Nhân dân lao động và của dân tộc Việt Nam, đại biểu trung thành lợi ích của giai cấp công nhân, Nhân dân lao động và của cả dân tộc, lấy chủ nghĩa Mác – Lê nin và tư tưởng Hồ Chí Minh làm nền tảng tư tưởng là lực lượng lãnh đạo Nhà nước và xã hội.

2. Đảng Cộng sản Việt Nam gắn bó mật thiết với Nhân dân, phục vụ Nhân dân, chịu sự giám sát của Nhân dân, chịu trách nhiệm trước Nhân dân về những quyết định của mình.

3. Các tổ chức của Đảng và đảng viên Đảng Cộng sản Việt Nam hoạt động trong khuôn khổ Hiến pháp và pháp luật.

Điều 5

1. Nước Cộng hoà xã hội chủ nghĩa Việt Nam là quốc gia thống nhất của các dân tộc cùng sinh sống trên đất nước Việt Nam.

2. Các dân tộc bình đẳng, đoàn kết, tôn trọng và giúp nhau cùng phát triển; nghiêm cấm mọi hành vi kỳ thị, chia rẽ dân tộc.

3. Ngôn ngữ quốc gia là tiếng Việt. Các dân tộc có quyền dùng tiếng nói, chữ viết, giữ gìn bản sắc dân tộc, phát huy phong tục, tập quán, truyền thống và văn hoá tốt đẹp của mình.

4. Nhà nước thực hiện chính sách phát triển toàn diện và tạo điều kiện để các dân tộc thiểu số phát huy nội lực, cùng phát triển với đất nước.

Điều 6

Nhân dân thực hiện quyền lực nhà nước bằng dân chủ trực tiếp, bằng dân chủ đại diện thông qua Quốc hội, Hội đồng nhân dân và thông qua các cơ quan khác của Nhà nước.

Điều 7

1. Việc bầu cử đại biểu Quốc hội và đại biểu Hội đồng nhân dân được tiến hành theo nguyên tắc phổ thông, bình đẳng, trực tiếp và bỏ phiếu kín.

2. Đại biểu Quốc hội, đại biểu Hội đồng nhân dân bị cử tri hoặc Quốc hội, Hội đồng nhân dân bãi nhiệm khi không còn xứng đáng với sự tín nhiệm của nhân dân.

Điều 8

1. Nhà nước được tổ chức và hoạt động theo Hiến pháp và pháp luật, quản lý xã hội bằng Hiến pháp và pháp luật, thực hiện nguyên tắc tập trung dân chủ.

2. Các cơ quan nhà nước, cán bộ, công chức, viên chức phải tôn trọng Nhân dân, tận tụy phục vụ Nhân dân, liên hệ chặt chẽ với Nhân dân, lắng nghe ý kiến và chịu sự giám sát của Nhân dân; kiên quyết đấu tranh chống tham nhũng, lãng phí và mọi biểu hiện quan liêu, hách dịch, cửa quyền.

Điều 9

1. Mặt trận Tổ quốc Việt Nam là tổ chức liên minh chính trị, liên hiệp tự nguyện của tổ chức chính trị, các tổ chức chính trị – xã hội, tổ chức xã hội và các cá nhân tiêu biểu trong các giai cấp, tầng lớp xã hội, dân tộc, tôn giáo và người Việt Nam định cư ở nước ngoài.

Mặt trận Tổ quốc Việt Nam là cơ sở chính trị của chính quyền nhân dân; đại diện, bảo vệ quyền và lợi ích hợp pháp, chính đáng của Nhân dân; tập hợp, phát huy sức mạnh đại đoàn kết toàn dân tộc, thực hiện dân chủ, tăng cường đồng thuận xã hội; giám sát, phản biện xã hội; tham gia xây dựng Đảng, Nhà nước, hoạt động đối ngoại nhân dân góp phần xây dựng và bảo vệ Tổ quốc.

2. Công đoàn Việt Nam, Hội nông dân Việt Nam, Đoàn thanh niên cộng sản Hồ Chí Minh, Hội liên hiệp phụ nữ Việt Nam, Hội cựu chiến binh Việt Nam là các tổ chức chính trị – xã hội được thành lập trên cơ sở tự nguyện, đại diện và bảo vệ quyền, lợi ích hợp pháp, chính đáng của thành viên, hội viên tổ chức mình; cùng các tổ chức thành viên khác của Mặt trận phối hợp và thống nhất hành động trong Mặt trận Tổ quốc Việt Nam.

3. Mặt trận Tổ quốc Việt Nam, các tổ chức thành viên của Mặt trận và các tổ chức xã hội khác hoạt động trong khuôn khổ Hiến pháp và pháp luật. Nhà nước tạo điều kiện để Mặt trận Tổ quốc Việt Nam các tổ chức thành viên của Mặt trận và các tổ chức xã hội khác hoạt động.

Điều 10

Công đoàn Việt Nam là tổ chức chính trị – xã hội của giai cấp công nhân và của người lao động được thành lập trên cơ sở tự nguyện, đại diện cho người lao động, chăm lo và bảo vệ quyền, lợi ích hợp pháp, chính đáng của người lao động; tham gia quản lý nhà nước, quản lý kinh tế – xã hội; tham gia kiểm tra, thanh tra, giám sát hoạt động của cơ quan nhà nước, tổ chức, đơn vị, doanh nghiệp về những vấn đề liên quan đến quyền, nghĩa vụ của người lao động; tuyên truyền, vận động người lao động học tập, nâng cao trình độ, kỹ năng nghề nghiệp, chấp hành pháp luật, xây dựng và bảo vệ Tổ quốc.

Điều 11

1. Tổ quốc Việt Nam là thiêng liêng, bất khả xâm phạm.

2. Mọi hành vi chống lại độc lập, chủ quyền, thống nhất và toàn vẹn lãnh thổ, chống lại sự nghiệp xây dựng và bảo vệ Tổ quốc đều bị nghiêm trị.

Điều 12  

Nước Cộng hoà xã hội chủ nghĩa Việt Nam thực hiện nhất quán đường lối đối ngoại độc lập, tự chủ, hòa bình, hữu nghị, hợp tác và phát triển; đa phương hóa, đa dạng hóa quan hệ, chủ động và tích cực hội nhập, hợp tác quốc tế trên cơ sở tôn trọng độc lập, chủ quyền và toàn vẹn lãnh thổ, không can thiệp vào công việc nội bộ của nhau, bình đẳng, cùng có lợi; tuân thủ Hiến chương Liên hợp quốc và điều ước quốc tế mà Cộng hòa xã hội chủ nghĩa Việt Nam là thành viên; là bạn, đối tác tin cậy và thành viên có trách nhiệm trong cộng đồng quốc tế vì lợi ích quốc gia, dân tộc, góp phần vào sự nghiệp hòa bình, độc lập dân tộc, dân chủ và tiến bộ xã hội trên thế giới.

Điều 13

1. Quốc kỳ nước Cộng hòa xã hội chủ nghĩa Việt Nam hình chữ nhật, chiều rộng bằng hai phần ba chiều dài, nền đỏ, ở giữa có ngôi sao vàng năm cánh.

2. Quốc huy nước Cộng hòa xã hội chủ nghĩa Việt Nam hình tròn, nền đỏ, ở giữa có ngôi sao vàng năm cánh, xung quanh có bông lúa, ở dưới có nửa bánh xe răng và dòng chữ “Cộng hòa xã hội chủ nghĩa Việt Nam”.

3. Quốc ca nước Cộng hòa xã hội chủ nghĩa Việt Nam là nhạc và lời của bài “Tiến quân ca”.

4. Quốc khánh nước Cộng hòa xã hội chủ nghĩa Việt Nam là ngày Tuyên ngôn độc lập 2 tháng 9 năm 1945.

5. Thủ đô nước Cộng hòa xã hội chủ nghĩa Việt Nam là Hà Nội.

Lire la suite : VnExpress, 28/11/2013.

Accès au texte intégral en pdf : HienPhapVietNamSuaDoi_28-11-2013

Séminaire “Mémoires d’Indochine” 2013 : Séance 7

Année universitaire 2013-2014 / Master Asie Orientale Contemporaine (ASIOC) / Semestre 1

 Mémoires d’Indochine :

 Regards internes sur la décolonisation et la guerre

 au Viêt-Nam, Laos et Cambodge

 MémoiresIndochine2013ter

 

Séance 7 – Mardi 12 novembre 2013

 « Désenchantements postcoloniaux et fuite des populations »

Cette avant-dernière séance se penchera sur les conséquences sociales et politiques des victoires communistes en péninsule indochinoise. Les extraits de textes interrogeront le destin du Viêt Nam après la chute de Saigon (30 avril 1975). Seront évoqués le sort réservé aux militaires de l’ancienne République du Viêt Nam, la disparition du FNL-Sud Viêt Nam avec la réunification du pays en 1976 sous la nouvelle appellation de République socialiste du Viêt Nam (RSVN) et les stratégies développées par la population pour échapper au totalitarisme et à la misère. En particulier, le phénomène des Boat people et des Land people sera abordé à l’échelle de la péninsule indochinoise dans son contexte géopolitique.

A partir des textes (réalités vietnamiennes d’après-guerre) et des exposés (mémoire cambodgienne) la “résurrection” des trois Etats au sortir de la troisième guerre d’Indochine sera également évoquée. Le Viêt-Nam effectue une autocritique générale avec le Renouveau (Doi Moi) et prend les mesures efficaces et nécessaires pour sortir de l’impasse économique et militaire. Le Cambodge se reconstruit politiquement et socialement après le désengagement vietnamien et s’engage peu à peu sur la voie démocratique. Le Laos, sur les pas du Viêt-Nam, se lance dans une ouverture pragmatique.

 

Extraits de textes à discuter :

  • Phan Minh Hien & Nguyen Van Huy, Loques de vie, Paris, Editions l’Harmattan, 2000, pp. 13-21 [+ couverture]. Traduction succincte du vietnamien, revue par Phan Minh Hien.
  • Truong Nhu Tang, avec l’aide de David Chanoff et Doan Van Toai, Mémoires d’un Vietcong, Paris, Flammarion, 1985, pp. 271-322 [+ couverture]. Traduit de l’américain par Amal Naccache.

 

Exposés sur le Cambodge :

  • Anne-Laure Esque-Vango à propos de : Chileng Pa & Mortland, Carol A., Escaping the Khmer Rouge: a Cambodian memoir, Jefferson (NC): McFarland & Company, 2008.

 

Pour aller plus loin :

  • Chanda, Nayan, Les frères ennemis. La péninsule indochinoise après Saigon, Paris, Presses du CNRS, Ligne Pacifique, 1987, 368 p. (trad. de l’américain par Michèle Vacherand et Jean-Michel Aubriet…).
  • Duiker, William J., Vietnam since the fall of Saigon, Athens, Ohio University, Monographs in International Studies, Southeast Asia Series no. 56, 1985 (revised ed.), 261 p.
  • Grant, Evans, The Politics of Ritual and Remembrance. Laos Since 1975, Chang Mai, Silkworms books, 2008, 216 p.
  • Hy V. Luong (ed.), Postwar Vietnam. Dynamics of a transforming society, Singapore & Lanham, MA, ISEAS / Rowman & Littlkefield publishers, 2003, 336 p.
  • Nghia M. Vo, The Bamboo Gulag: Political Imprisonment in Communist Vietnam, Jefferson, NC – London, McFarland, 2003, 244 p.
  • Nghia M. Vo, The Vietnamese Boat People, 1954 and 1975-1992, Jefferson, NC – London, McFarland, 2006, 208 p.
  • Nguyen Van Canh, Vietnam Under Communism, 1975-1982, Stanford, CA: Hoover Institution Press, 1983, 312 p.
  • Peou, Sorpong (ed.), Cambodia. Change and continuity in contemporary politics, Aldershot, Ashgate, 2001, 574 p.
  • Pholsena, Vatthana, Post-war Laos: the politics of culture, history, and identity, Singapore: ISEAS Publications, 2006, 255 p.
  • Pou Sothirak, Geoff Wade, Mark Hong (eds), Cambodia: progress and challenges since 1991, Singapore: ISEAS Publications, 2012, 423 p.

Internet au Viêt-Nam : le tour de vis politique du “Décret 72”

Depuis quelques années déjà, la République Socialiste du Viêt-Nam (RSVN) est considérée par les organisations internationales de défense des droits de l’homme comme un “ennemi d’internet”. Avec la publication le 15 juillet 2013 d’un Décret du Premier ministre Nguyen Tan Dung imposant de nouvelles restrictions concernant l’utilisation de la toile au Viêt-Nam, cette image négative s’est renforcée [1]. Le Décret rendu public le 6 août a déjà suscité une vague de désapprobation chez les internautes et les États-Unis se sont immédiatement exprimés sur le sujet via leur ambassade à Hanoi [2].

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© 2013 Dan Lam Bao

L’affaire ne fait que commencer mais déjà les avis sont nombreux pour condamner cette directive liberticide qui devra en principe s’appliquer à partir du 1er septembre prochain. Que dit le Décret 72 ? Outre des dispositions habituelles qui visent à interdire la violence, la pornographie ou les dérives sectaires, le texte est une charge contre les éventuels futurs blogueurs qui s’évertueraient à surfer sur les actualités politiques, sociales ou économiques du pays en les analysant, les commentant ou les relayant dans le but de “ternir” l’image du Viêt-Nam [3].

Le journal Le Monde (édition du 2 août) donne la teneur générale du texte en citant cet extrait traduit :

Le décret interdit […] aux fournisseurs de service internet “de donner des informations contre le Vietnam, saper la sécurité nationale, l’ordre social et l’unité nationale, ou de déformer les informations, de calomnier et diffamer le prestige d’organisations, l’honneur et la dignité des individus” [4].

L’article de Nhat Vo Tran sur Médiapart, un des premiers à s’intéresser à cette affaire, analyse les conséquences du décret pour la liberté d’expression :

Le décret 72/2013/ND-CP est ainsi un terrible instrument de censure. Il exige des sociétés internet et autres fournisseurs d’informations sur internet au Vietnam de coopérer avec le gouvernement pour réprimer tout un éventail de comportements très vaguement définis. Ces « comportements interdits » comprennent « l’abus de l’accès et de l’utilisation d’internet et des informations sur la toile » pour « s’opposer à la République Socialiste du Vietnam », « la mise en danger de la grande unité du peuple », « l’atteinte au prestige des organisations et à l’honneur et à la dignité des individus », de « la mise en danger des belles coutumes et tradition de la nation », « la révélation des secrets d’État » (article 5). L’article 25 exige que toute information diffusée sur internet soit censurée en fonction de ces « comportements interdits » [5].

La plupart de ces dispositions ne sont pas nouvelles et apparaissent déjà dans le code pénal. Chacun sait que la critique ouverte et relayée sur la toile est fermement condamnée au Viêt-Nam par un Etat-Parti engoncé dans une paranoïa digne des temps de la Guerre Froide. L’organisation Reporters Sans Frontières a récemment engagé une campagne de mobilisation internationale visant à faire sortir de prison quelques 35 blogueurs détenus dont certains depuis 2008 et lourdement condamnés pour avoir exprimer des idées politiques sur internet. Le Monde rappelle quant à lui que “depuis le début de l’année, au moins 46 militants ont été condamnés, souvent à de longues peines de prison, pour activités contre l’Etat” [6]. Fait nouveau et inquiétant mis en avant par certaines dispositions de ce Décret, notamment les articles 5 et 25 : le traitement de l’information. En effet, le fameux décret “interdit aux 31 millions d’internautes vietnamiens de partager des articles d’actualité sur les blogs et les réseaux sociaux” [7]. Deux idées majeures s’invitent dans ce texte répressif :

  • 1) Les Vietnamiens ne devront plus échanger d’informations sur l’actualité mais seulement sur des faits personnels (“la dernière photo de son chat ou le nouveau clip d’un chanteur à la mode”, ironise Victor Guillot, correspondant pour RFI [7]) ;
  • 2) Les fournisseurs d’information comme Google, Facebook et autres sont chargés au mieux d’appliquer les nouvelles mesures en “nettoyant” leurs abonnés au pire de se mettre à l’heure d’une délation organisée en fournissant si besoin les identités des adresses IP “subversives” [8].

Le texte du Décret très long et très détaillé permettra en outre toutes les interprétations possibles car qui peut dire si ce qu’il écrit et communique aux autres ne possède pas un caractère anti-étatique ou pouvant ternir l’image du régime en place ? Le but de cette opération se présente officiellement comme “un grand bénéfice pour les utilisateurs” qui pourront ainsi disposer « d’informations correctes et propres » [9]. En réalité, cette disposition vise très concrètement une série de blogs contestataires très lus qui ont été la cible depuis quelques temps des Services de la Sécurité publique et des conservateurs les plus staliniens en posture d’avocat du régime autoritaire. On peut penser que les sites d’actualité politique Bauxite Viet Nam, Dan Lam Bao, Quan Lam Bao et autres blogs personnels comme celui de l’intellectuel Nguyen Xuan Dien, sont directement visés. D’ailleurs, la réaction du Nhân Dân, l’organe officiel du PCV, “estimant que le décret était «nécessaire» pour «nettoyer» internet utilisé pour «attaquer» le parti communiste et l’État”, confirme l’objectif purement politique de la manœuvre [10].

Que penser de l’application de cette disposition qui doit entrer en vigueur en septembre ? Les observateurs les plus avisés comme Shawn Crispin (Comité pour la protection des journalistes) se demandent quelle sera l’efficacité réelle de cette disposition [11]. Quoi qu’il en soit, la répression des journalistes trop “bavards” travaillant sur des sujets chauds se poursuit. La correspondante de RFI Claire Arsenault signalait le cas de Vo Thanh Tung, un journaliste d’investigation spécialisé dans les affaires de corruption. Cet enquêteur de 31 ans officiant dans le journal Phap Luat [Lois] a été interpellé le 8 août pour avoir été vu recevant de l’argent d’un propriétaire de bar. Il enquêtait sur des policiers de la circulation qui recevaient des pots-de-vin de chauffeurs de camions et de bus [12]. Cette affaire en rappelle de précédentes notamment celle de Huynh Khuong, journaliste de Tuoi Tre [Jeunesse] qui écopa en septembre 2012 de quatre ans de prisons pour une accusation similaire alors qu’il menait une enquête sur les pratiques de corruption touchant le ministère des Transports. Bien que très lus et parfois même récompensés pour leur audace et leurs révélations (cas de Vo Thanh Tung), ces journalistes ne sont pas à l’abri d’une descente aux enfers si le pouvoir politique l’exige. Ceci pour les acteurs “réguliers” ou autorisés de l’information.

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La cause du blogueur Dieu Cay relayée sur le site Dan Lam Bao

Pour les blogueurs la situation est bien pire. Sans statut officiel dans la presse, leurs écrits constituent immanquablement des “preuves” lors de procès iniques à l’issue desquels ils écopent de condamnations plus ou moins lourdes suivant leur degré de “repentance” ou d’acceptation des charges qui les accablent. Celles-ci assimilent le plus souvent les analyses politiques et sociales des blogueurs à de la subversion anti-étatique, voire à des tentatives de “renversement du gouvernement populaire”. On peut citer à cet effet la cause du célèbre Nguyen Van Hai, alias Dieu Cay [la pipe paysanne ou pipe à eau], qui croupit depuis 2008 dans les geôles de la RSVN. Le cas de cet internaute, net-citoyen et co-fondateur d’un club de “journalistes libres”, a été récemment soulevé par les organisations des droits de l’homme. En effet, Nguyen Van Hai, épuisé, vient de mettre un terme à 35 jours de grève de la faim pour protester contre les conditions de sa détention [13].

Triste palmarès, RSF rappelle que la RSVN figure au 172e rang sur 179 dans son index de la liberté de la presse en ligne [14]. RFI terminait son article consacré à Vo Thanh Tung en soulignant que ce pays est “devenu la deuxième prison au monde pour les acteurs de l’information, après la Chine” [15]. D’autres sites comme l’informatique.org n’hésitent pas à parler d’un “blocus informationnel sur le web” [16]. Cette disposition a néanmoins une conséquence sans doute peu attendue des autorités communistes : elle donne du crédit à des partis politiques d’opposition comme le Viêt Tân qui fustigent régulièrement l’omniprésence de la censure et le contrôle de l’information. Elle permettra en outre aux plus déterminés à trouver les astuces adéquates pour contourner la censure (langage codé, sites clandestins, tracts, manifestations de rue…).

Les quelques 12 millions d’abonnés à Facebook et les 31 millions d’internautes au Viêt-Nam risquent de donner beaucoup de fil à retordre à un Etat-Parti de plus en plus contesté. Le 07 août dernier, quelques blogueurs appartenant à un Réseau des Bloggeurs Vietnamiens (Network of Vietnamese Bloggers) se sont rendus à l’ambassade de Suède pour soumettre la “Déclaration 258” dans le but de condamner le non respect par la RSVN des droits fondamentaux de liberté d’expression. Ce nouveau Réseau, qui indique qu’une résistance de net-citoyens s’organise, exige l’abrogation de l’article 258 du code pénal vietnamien (amendé en 2009) qui fait référence au : “crime d’abus des libertés démocratiques pour porter atteinte aux intérêts de l’Etat, aux droits et intérêts légitimes des organisations et / ou des citoyens” [17]. Car il faut savoir qu’en matière de stratégie politique le Viêt-Nam navigue toujours dans deux sens opposés, une stratégie payante pendant la guerre qui consiste à frapper à l’intérieur tout en négociant à l’extérieur. RSF rappelle que c’est précisément à l’heure du tout répressif sur la toile que la RSVN se porte candidate pour siéger au conseil des Droits de l’Homme pour le mandat 2014-2016 :

L’annonce de ce décret survient quelques jours seulement après que le Vietnam a décidé de poser sa candidature pour siéger au conseil des Droits de l’Homme pour le mandat 2014-2016. Reporters sans frontières rappelle que le paragraphe 9 de la résolution 60/251 de l’Assemblée générale du 3 avril 2006, instituant le Conseil des droits de l’homme prévoit que “les membres élus du Conseil observeront les normes les plus strictes en matière de promotion et de défense des droits de l’homme”, des conditions que le pays est bien loin de remplir [18].

La machine à laver étatique pour policer les blogs vietnamiens risque fort de se gripper. Terminons par une note d’espoir aux internautes vietnamiens : “Les carottes sont cuites. Je répète : les carottes sont cuites…”

François Guillemot, 09/08/2013.

Notes

[1] Le décret n° 72/2013/NĐ-CP est publié sur le site du ministère de la justice : NGHỊ ĐỊNH. Quản lý, cung cấp, sử dụng dịch vụ internet và thông tin trên mạng, 15/07/2013.

[2] Washington préoccupé par les restrictions aux internautes vietnamiens, La Presse (édité à Montréal), 06/08/2013.

[3] Voir l’analyse de RFI : Au Vietnam, le gouvernement continue sa guerre contre internet et les réseaux sociaux, RFI, 06/08/2013. L’article 5 expose les différentes interdictions.

[4] Le Vietnam impose de nouvelles restrictions aux internautes, Le Monde avec AFP, 02/08/2013.

[5] Vietnam : Business (et censure) as usual…, Médiapart, 28/07/2013.

[6] Le Monde, 02/08/2013, art. cit.

[7] Au Vietnam, le gouvernement continue sa guerre contre internet et les réseaux sociaux, RFI, 06/08/2013 (avec Victor Guillot).

[8] Médiapart, 28/07/2013, art. cit.

[9] RFI, 06/08/2013, art. cit. (avec Victor Guillot).

[10] La Presse, 06/08/2013, art. cit.

[11] Le Monde, 02/08/2013, art. cit.

[12] Au Vietnam, journalistes et blogueurs plus que jamais dans la ligne de mire du pouvoir, RFI, 08/08/2013.

[13] Dieu Cay cesse sa grève de la faim, RSF continue d’exiger sa libération, RSF, 05/08/2013 et l’article du 23/07/2013.

[14] Le Vietnam veut interdire aux internautes de “parler d’actualité”, RSF, 02/08/2013.

[15] RFI, 08/08/2013, art. cit.

[16] Réseaux sociaux : le Vietnam impose la censure, L’informatique, 08/08/2013.

[17] Voir Statement from a network of Vietnamese bloggers: Vietnam should amend law to demonstrate Human Rights Council candidacy commitment, Dan Lam Bao.

[18] RSF, 02/08/2013, art. cit. Voir aussi le communiqué sur News Press.

RSF demande la libération des 35 blogueurs vietnamiens emprisonnés

[ndlr] Depuis le 24 juillet 2013, Reporters sans frontières (RSF) appelle à la mobilisation internationale pour la libération des 35 blogueurs emprisonnés au Vietnam. Sur la photo (ci-dessous) de la pétition en ligne, l’avocat Cu Huy Ha Vu.

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RSF demande la libération des 35 blogueurs vietnamiens emprisonnés.

Le Vietnam est la 2ème prison du monde pour les blogueurs et cyberdissidents, après la Chine.

Au Vietnam, les blogueurs apportent une information alternative, indépendante du pouvoir. Ils enquêtent sur la corruption, les problèmes environnementaux, les perspectives politiques du pays, etc. Les vagues d’arrestations de blogueurs, net-citoyens et journalistes se succèdent depuis plusieurs années. Avec à l’esprit les révoltes arabes, les autorités vietnamiennes ont accru la répression pour réduire au silence les voix dissidentes et parer à toute déstabilisation du régime.

Parmi les 35 blogueurs emprisonnés à ce jour : le militant des droits de l’homme Dieu Cay, l’avocat Le Quoc Quan, et les blogueurs Paulus Lê Son, Ta Phong Tan, Tran Huynh Duy Thuc ainsi que Nguyen Tien Trung. Ils ont été condamnés à de lourdes peines de prison ferme pour “subversion”, “propagande contre l’Etat”, ou “tentative de renversement du gouvernement”, entre autres motifs fallacieux.

Leurs proches subissent les campagnes de diffamation et le harcèlement des autorités. Désespérée par le sort de sa fille, la mère de la blogueuse emprisonnée Ta Phong Tan s’était immolée par le feu en 2012.

Reporters sans frontières demande la libération immédiate des blogueurs et net-citoyens emprisonnés par le régime, la levée de la censure et l’abrogation des textes législatifs répressifs utilisés contre les acteurs de l’information, en particulier l’article 88 et la clause 1 de l’article 79 du code pénal.

Signer la pétition pour la libération des 35 blogueurs emprisonnés au Vietnam

* * *

Liste des 35 blogueurs emprisonnés :

Depuis le : 15 juin 2013 – Dinh Nhat Uy – Blogueur
Depuis le : 13 juin 2013 – Pham Viet Dao – Blogueur
Depuis le : 26 mai 2013 – Truong Duy Nhat – Blogueur
Depuis le : 27 décembre 2012 – Le Quoc Quan – Avocat, blogueur http://lequocquan.blogspot.com
Depuis le : 19 octobre 2012 – Nguyen Phuong Uyen – Net-citoyen
Depuis le : 19 octobre 2012 – Dinh Nguyen Kha – Blogueur
Depuis le : 8 août 2012 – Dinh Dang Dinh – blogger
Depuis le : 6 juillet 2012 – Le Thi Kim Thu
Depuis le : 1er décembre 2011 – Le Thanh Tung
Depuis le : 19 septembre 2011 – Tran Vu Anh Binh – Netizen, compositeur de musique
Depuis le : 5 septembre 2011 – Ta Phong Tan
Depuis le : 27 août 2011 – Tranh Minh Nhat
Depuis le : 18 août 2011 – Thai Van Dung
Depuis le : 7 août 2011 – Nguyen Van Duyet – contributeur de Vietnam Redemptorist News
Depuis le : 5 août 2011 – Nong Hung Anh – contributeur des blogs www.boxitvn.net et baokhongle.wordpress.com
Depuis le : 3 août 2011 – Paulus Lê Son – paulusleson.wordpress.com
Depuis le : 2 août 2011 – Dau Van Duong – Netizen
Depuis le : 2 août 2011 – Tran Huu Duc
Depuis le : 1er août 2011 – Chu Manh Son – Blogueur
Depuis le : 30 juillet 2011 – Dang Xuan Dieu – contributeur de Vietnam Redemptorist News
Depuis le : 30 juillet 2011 – Ho Duc Hoa – contributeur de Vietnam Redemptorist News
Depuis le : 30 juillet 2011 – Nguyen Van Oai
Depuis le : 25 juillet 2011 – Nguyen Van Ly
Depuis le : 28 avril 2011 – Nguyen Cong Chinh – Pasteur, net-citoyen
Depuis le : avril 2011 – Nguyen Ngoc Cuong
Depuis le : 26 mars 2011 – Lu Van Bay
Depuis le : 4 novembre 2010 – Cu Huy Ha Vu
Depuis le : 27 octobre 2010 – Vi Duc Hoi
Depuis le : 18 octobre 2010 – Phan Thanh Hai – Anh Ba SaiGon
Depuis le : 7 juillet 2010 – Tran Huynh Duy Thuc
Depuis le : 9 octobre 2009 – Nguyen Xuan Nghia
Depuis le : 9 octobre 2009 – Nguyen Kim Nhan
Depuis le : 7 juillet 2009 – Nguyen Tien Trung
Depuis le : 7 juillet 2009 – Tran Anh Kim
Depuis le : 19 avril 2008 – Nguyen Van Hai (Dieu Cay)

Source : RSF

Facts and Figures about employment states in Vietnam

[ndlr] Hoang Dan Lieu nous fait part de 7 documents en ligne [pdf] concernant la situation de l’emploi au Viêt-Nam en 2011 et 2012. Nous le remercions pour cette sélection.

VietnameseWomenLabourForce
According to the ILO, about 72% of Vietnamese women are in the labour force, higher than in most countries worldwide © 2013 talkvietnam

 

NHỮNG DỮ LIỆU THỰC TẾ VỀ

“Lao động Việt Nam”

  • Cái nhìn toàn cảnh về những hiện trạng công việc và thất nghiệp ở Việt Nam, bao gồm những phần tốt và những công việc không chính thức: Vietnam Employment Trends 2010

Source : VSG

Le Quoc Quan trial postponed

LeQuocQuan
© 2012 AFP

Human Rights Watch issued an appeal for dissident blogger and lawyer Le Quoc Quan, currently imprisoned and who was scheduled for trial in Hanoi today (July 9). The trial was abruptly postponed, because the judge to preside over the trial became suddenly ill, said an official announcement.

However, fellow dissident and lawyer Nguyen Van Dai said it was more likely because of security concerns about demonstrations. Prayer services for Quan have been held in Catholic churches around the country.

See:

  • Vietnam: Drop Charges Against Le Quoc Quan

The trial of Le Quoc Quan, scheduled for July 9, was postponed in the afternoon of July 8. The trial has not been rescheduled. Read more : HRW, 08/07/2013.

and

  •  Dissident Vietnamese Lawyer’s Trial Abruptly Postponed

Vietnamese authorities abruptly postponed the trial of prominent dissident lawyer Le Quoc Quan on Monday, saying the judge scheduled to hear the case is ill, while lawyers and relatives said the hearing was put off to avoid publicity and international attention. Read more : RFA, 08/07/2013.

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Supporters wear t-shirts bearing a portrait of Le Quoc Quan during a mass held for him at a Catholic church in Hanoi on July 7, 2013. © AFP

The RFA report includes an interesting picture of Catholics in a Hanoi church wearing t-shirts with Quan’s picture. The HRW report includes a poem from him.

Steve Denney

Library assistant. UC Berkeley

[ndlr: message from Steve Denney on Vsg (09/07/2013) posted here with his kind permission]