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Feu vert patriotique et contradictions vietnamiennes

La fin de la semaine dernière aura été marquée par trois événements importants : la vingtième journée annuelle des droits de l’homme pour le Viêt-Nam qui s’est déroulée le 9 mai à Washington, la fête des mères (Ngày của Mẹ) le dimanche 11 mai et la fin de la fête anniversaire du Bouddha (Vesak 2014) qui s’est également terminée le 11 mai. Ces trois événements ont été partiellement occultés par la dimension explosive qu’a pris la question des Paracels (Hoàng Sa). Comme l’avaient annoncé plusieurs associations de la société civile, le Viêt-Nam a connu une fin de semaine marquée par d’importantes manifestations contre la Chine. Celles-ci ont commencé le vendredi 9 mai devant l’ambassade de Chine à HCM-Ville puis les 10 et 11 mai avec beaucoup plus d’intensité dans les grandes villes du pays [1]. Le dimanche 11 mai, le rue vietnamienne s’est exprimée avec fougue. Des milliers de citoyens ont défilé à Hanoi, Hue, Danang ou Ho Chi Minh-Ville. Environ 5000 étudiants ont manifesté pacifiquement dans le centre ville de la métropole du Sud [2]. On avait rien vu de cette ampleur depuis le mois de juin 2011.

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Manifestation devant le consulat de Chine à HCM-Ville le 10 mai 2014

Ces manifestations tolérées par le régime ne sont pas dues au hasard. En effet, avec l’organisation par l’Association des avocats d’Ho Chi Minh-Ville le 10 mai d’un meeting sur cette crise, le feu vert avait été clair [3]. L’idée première du pouvoir était de se servir de la rue pour appuyer les protestations officielles du gouvernement vietnamien qui ne décolère pas devant les empiètements répétés de la Chine populaire. En second lieu, les manifestations permettaient de donner une résonance internationale à cette crise [4]. Comme à l’époque de la guerre, les communautés favorables au régime furent mobilisées à l’étranger par exemple en Allemagne (à Berlin), en République Tchèque ou au Japon [5]. La plupart des slogans véhiculés ce dimanche n’avaient rien de subversifs, ils déclaraient leur soutien sans réserve au Parti, à l’Armée dans leur combat contre la Chine. D’autres visaient indirectement le seul parti au pouvoir, le Parti Communiste Vietnamien (PCV), accusé d’avoir mené le pays à la situation présente à cause de sa mauvaise gestion des affaires en mer orientale. En particulier, le communiqué de presse du 9 mai des principaux opposants au régime proclamait avec une once de surenchère : “Nous condamnons fermement les actes d’agression de la Chine qui ont violé la souveraineté du Viêt-Nam, dans le même temps nous exprimons notre opposition à la veule, lâche et inacceptable attitude du gouvernement vietnamien” [6]. Plus mesurée, une déclaration commune de vingt organisations politiques exilées demandait une réponse forte du gouvernement vietnamien, appelait à une mobilisation de la population toute entière mais exigeait aussi la libération de tous les prisonniers de conscience et la condamnation officielle de la Chine par les instances juridiques internationales [7]. Ainsi, les manifestations et déclarations politiques de la fin de semaine ont-elles montrées un double visage : celui du nationalisme pur et dur, largement majoritaire, et celui de la contestation interne, minoritaire et encore timide mais terriblement gênante pour le pouvoir en place.

Que penser de ce regain de patriotisme à double tête ? Les tenants du national-communisme version “Viêt-Nam – Hô Chi Minh” ont pu proclamer leur soutien sans faille au gouvernement vietnamien en mettant l’idéal patriotique au-dessus de tout. “La Patrie avant tout”, “la nation en danger” figuraient en bonne place dans les slogans de ce courant. Pour les tenants d’une contestation plus vive à la fois anti-chinoise et antigouvernementale, la manifestation du 11 mai présentait tous les ingrédients d’une “manifestation d’État”, d’une “manifestation à orientation socialiste” (non sans humour) promue et autorisée par un régime en quête de soutien populaire [8]. A l’inverse de la posture officielle, certains dissidents ou blogueurs s’étaient même interdits de rejoindre les cortèges téléguidés par le pouvoir pour conserver leur intégrité critique et intellectuelle. Mais en réalité, rien n’est aussi simple. La blogueuse Pham Thanh Nghien, assignée à résidence à Haiphong, avait appelé à manifester tandis que le net-citoyen Nguyen Lan Thang exprimait son refus [9]. Du côté des intellectuels critiques, si de nombreuses figures incitèrent leurs compatriotes à rejoindre les rangs anti-chinois, le professeur Tuong Lai, depuis HCM-Ville, protesta publiquement contre les mots d’ordre antigouvernementaux affichés dans l’appel des membres de la société civile [10]. Il mettait en avant le soutien indéfectible et unitaire dont devait bénéficier le gouvernement en ces temps de vives confrontations, par média interposés, avec la Chine. Il considérait qu’attaquer le gouvernement dans ce contexte de crise régionale consistait en une erreur politique et que la solidarité nationale devait primer. En d’autres termes, critiquer le gouvernement et donc l’affaiblir revenait à faire le jeu de la Chine.

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“La patrie avant tout”

D’autre blogueurs, et cela reste le principal tracas de la Sécurité publique, ont exprimé à la fois leur patriotisme et leur rejet de la politique gouvernementale jugée globalement trop timorée voire “à la botte des Chinois”. Ils ont également placé le Parti-État devant ses propres contradictions. Comment peut-on à la fois emprisonner les blogueurs qui défendent un patriotisme anti-chinois (alertant l’opinion publique depuis des années sur le “danger chinois”) et vouloir promouvoir ce même patriotisme au sein de la société vietnamienne ? Cela donne à voir qu’il co-existe en réalité deux formes de patriotisme qui s’opposent, le premier légal et aux ordres du Parti, le second illégal, volatile, rebelle et difficile à contrôler ou à mesurer. Ce trait de politique intérieure n’est d’ailleurs pas spécifique au Viêt-Nam. Il traverse souvent les États, démocratiques ou non, bousculés dans leur légitimité.

La seconde contradiction concerne les relations sino-vietnamiennes sur un plus long terme. On le sait, la Chine a toujours eu cette image ambivalente de modèle et de menace pour le Viêt-Nam. A l’ère contemporaine, les deux pays possèdent à leur tête deux partis communistes omnipotents qui furent tout au long du XXe siècle successivement amis puis ennemis et de nouveau amis. Les relations entre les deux Partis-États sont en principe bonnes et régulièrement confirmées par des visites amicales. Cependant l’affaire des Paracels a mis le feu aux poudres alors que l’on pouvait considérer cette affaire close depuis la fameuse note diplomatique signée de la main de Pham Van Dong et adressée à la Chine populaire le 14 septembre 1958. Acte malheureux à une époque où le Nord Viêt-Nam avait grand besoin du soutien chinois pour mener sa révolution socialiste intérieure puis sa guerre d’unification contre le Sud. Pendant ce temps, la République du Viêt-Nam (l’ancien Sud Viêt-Nam soutenu par les Etats-Unis) défendait les armes à la main les îlots contestés mais perdait la bataille navale en 1974 avant la fin de la guerre [11]. En 1988, dans un contexte de tension extrême avec la Chine, le Viêt-Nam réunifié (RSVN) se lançait lui aussi dans la bataille (cette fois-ci dans la zone maritime des îles Spratleys) sans succès. Depuis lors, les Paracels avaient été un peu oubliées du fait de la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays communistes à partir de 1992 et du développement d’un nouveau partenariat politique et économique.

LuoiBoCependant, les actions récurrentes de la Chine contre des pêcheurs vietnamiens depuis quelques années – l’année 2011 consistant en une sorte d’apothéose – ont ravivé la question des îlots perdus au mois deux fois militairement par les Vietnamiens. Ces derniers n’ont jamais accepté la défaite faisant valoir qu’historiquement ces îlots appartenaient à l’empire vietnamien (Dai Viêt) depuis des siècles. L’affaire est donc compliquée car, de son côté la Chine communiste, a régulièrement affirmé que la mer méridionale faisait partie intégrante de son immense domaine maritime. Le fameux tracé chinois en mer de Chine fut caricaturé par les Vietnamiens en une “langue de bœuf” effrontée. La Chine affiche ces dernières années sa présence militaire et stratégique dans la région de façon unilatérale et sans complexe. Le Viêt-Nam a tout fait pour porter l’affaire au niveau international. Mais l’impact de cette diplomatie nécessaire reste mitigé. Au dernier sommet de l’ASEAN (le 24e) qui vient de se dérouler à Nay Pyi Taw, la capitale du Myanmar, l’organisation régionale des dix pays d’Asie du Sud-Est n’a émis qu’une protestation de forme se gardant bien d’attaquer la Chine de front [12]. Au Viêt-Nam de régler ce différend de manière pacifique avec son grand voisin. La marge de manœuvre de la RSVN est donc très faible. Va-t-elle oser s’engager dans un court et bref conflit maritime comme en 1988 ? La Chine va-t-elle également faire tonner le canon pour donner une leçon à son insolent voisin ? Comment vont réagir les opinions publiques des deux pays ? Quel impact sur l’économie vietnamienne ? Autant de question qui vont occuper les États-majors militaires, politiques et économiques ces prochains mois. Si l’on en croît le site des Syndicats d’Ho Chi Minh-Ville, la guerre de l’information est déjà en cours par hackers interposés [13].

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“Liberté pour les patriotes”

Du côté vietnamien, l’agitation officielle du nationalisme n’est pas sans danger et pourrait être reprise par la rue avec plus de force et de virulence. La RSVN n’a en réalité, compte tenu de ses bonnes relations politiques, rien à gagner à entrer en conflit avec la Chine populaire. Elle n’en a pas les moyens et le résultat risque fort d’être contre-productif. Seulement, tiraillée entre une partie de son propre appareil militaire très remontée et la pression constante exercée par la Chine, elle se doit de réagir pour ne pas perdre la face. Enfin, on peut observer qu’une grande partie de l’opinion publique vietnamienne commence à s’inquiéter de cette situation de crise et que les jeunes générations redoutent déjà un éventuel rappel sous les drapeaux pour “la défense de la patrie socialiste contre l’expansionnisme chinois”. Entre un nationalisme à fleur de peau illustré par un esprit de sacrifice toujours valorisé en temps de crise et une réponse mesurée, pacifique et pragmatique, le Viêt-Nam est à la recherche d’un équilibre aujourd’hui difficile à trouver.

FG

Position de la plate-forme chinoise dans les Paracels
Position de la plate-forme chinoise dans les Paracels © BienDong.net

Notes

[1] Pour un aperçu général, voir les dossiers photos sur le site de la BBC : Anti China Protest Gallery ; sur le site du parti Viêt Tân : Phóng sự hình ảnh cuộc biểu tình tại Hà Nội ngày 11/5/2014 et sur le blog Dân Làm Báo : Tường thuật Biểu Tình Yêu Nước 11.5.2014 – Cả nước xuống đường. Voir aussi l’article illustré du site Dân Trí : Người dân ba miền xuống đường phản đối Trung Quốc, Dân Trí, 11/05/2014 ; l’article de Diễn Đàn Forum et ses liens vers des reportages photographiques : Biểu tình lớn ở Hà Nội, TP. Hồ Chí Minh, Huế, Đà Nẵng. Voir également le tag “Bien Dong” sur le site “non-officiel” du Premier ministre vietnamien. Alors qu’il est actuellement emprisonné, le site de Ba Sàm (Nguyen Huu Vinh) est un des plus complets renvoyant à de très nombreux liens.

[2] Công Quang – Đình Thảo, Sinh viên TPHCM xuống đường biểu tình phản đối Trung Quốc, Dân Trí, 11/05/2014.

[3] NLĐO, Đồng lòng hy sinh để bảo vệ chủ quyền, Lao Dong, 10/05/2015 ; Chính quyền VN ‘bật đèn xanh’ biểu tình?, BBC, 10/05/2014.

[4] Như Tâm, Biểu tình phản đối Trung Quốc gây tiếng vang trên báo quốc tế, VN Express, 11/05/2014.

[5] Đức Vũ, Người Việt năm châu tiếp tục phản đối hành động của Trung Quốc, Dân Trí, 12/05/2014 ; My Loan, Người Việt Nam khắp thế giới đồng loạt phản đối Trung Quốc, Tuoi Tre, 12/05/2014. Une résonance internationale dûment relayée sur les sites vietnamiens ce matin.

[6] We resolutely condemn China aggression and Vietnam’s spineless acts, 09/05/2014.

[7] Tuyên bố chung của 20 tổ chức trên thế giới về giàn khoan TQ trong lãnh hải VN / Declaration of Vietnamese organizations all over the world re. the Chinese Haiyang 981 RIG in Vietnam’s waters.

[8] Mặc Lâm, Khắp nước biểu tình chống Trung Quốc, RFA, 10/05/2014.

[9] Anh Vũ, Biểu tình chống TQ xâm lược: Nên tham gia hay không?, RFA, 09/05/2014.

[10] Giáo sư Tương Lai: Phản đối quyết liệt mưu đồ chính trị của tổ chức phản động DĐXHDS, Truong Sa Hoang Sa Info, 11/05/2014.

[11] De fait les Paracels à hauteur de Danang au Centre du Viêt-Nam relevaient de la République du Viêt-Nam (Sud) sur le plan international et non de la RDVN (Nord). Voir : Từ Đặng Minh Thu, Chủ quyền trên hai quần đảo Hoàng Sa và Trường Sa. Thử phân tích lập luận của Việt Nam và Trung Quốc, Thoi Dai Moi, so 11, 07/2007.

[12] Mike Yves & Thomas Fuller, Vietnam Fails to Rally Partners in China Dispute, New York Times, 11/05/21014.

[13] Chánh Trung, Hàng trăm website bị hacker Trung Quốc tấn công, Nguoi Lao Dong, 12/05/2014.

Paracels : Forage chinois contesté et regain de nationalisme vietnamien

Alors que se célèbre aujourd’hui 7 mai 2014 le 60e anniversaire la bataille de Dien Bien Phu, lors de laquelle les généraux vietnamiens bénéficièrent de la précieuse aide chinoise [1], les relations entre les deux pays communistes se sont subitement tendues à la suite des incursions répétées de la Chine populaire dans la zone maritime vietnamienne.

L’incident a débuté le 1er mai dernier lorsque la Chine a poussé ses bâtiments militaires à proximité des îles Paracels dans le but d’y faire fonctionner un puits de forage de pétrole au seul profit de la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC). On savait les Paracels sous contrôle militaire chinois et que la revendication des îlots vietnamiens perdus en 1974 était de pure forme mais l’implantation d’une structure pétrolière, baptisée Haiyang Shiyou 981 par Beijing et inaugurée en mai 2012, dans ce nouveau paysage contesté sonne comme une véritable provocation pour les autorités de Hanoi [2]. La réaction du Parti Communiste Vietnamien (PCV) ne s’est d’ailleurs pas fait attendre. Par la voix de Pham Binh Minh, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la RSVN, une protestation officielle a été émise le mardi 6 mai lors d’une conversation téléphonique avec Yang Jiechi, le conseiller d’État chinois.

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Position (carré noir) de la plateforme de forage chinois dans la zone maritime vietnamienne © 2014 Petrotimes

Le site officiel du PCV rapporte les propos de Pham Binh Minh ci-après :

“Ces actes sont illégaux et contraires au droit et à la pratique internationale. Ils violent gravement la souveraineté du Vietnam sur l’archipel de Hoang Sa (Paracels), ses droits souverains et sa juridiction dans sa zone économique exclusive et sur son plateau continental. Ils portent également atteinte à la confiance politique et à la coopération multisectorielle entre les deux pays.

Le Vietnam proteste énergiquement contre ces actes et demande à la Chine de retirer cette plateforme et tous ses bateaux de cette zone et de retourner à la table de négociation pour régler tous les différends à ce sujet“. [3]

Cette protestation officielle s’accompagne de son pendant historique régulièrement mis en avant par Hanoi pour réaffirmer sa souveraineté ancienne sur les Paracels et les Spratley et d’un rappel du contexte juridique international :

“Le Vietnam possède suffisamment de preuves historiques et de bases juridiques pour affirmer sa souveraineté, ses droits légitimes sur les deux archipels de Hoang Sa (Paracels) et de Truong Sa (Spratley) ainsi que ses droits souverains et sa juridiction dans sa zone économique exclusive et sur son plateau continental, conformément à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 (UNCLOS).

Le Vietnam appliquera toutes les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts légitimes. Le Vietnam fait toujours preuve de bonne volonté dans le règlement des divergences via des négociations, sur la base des conceptions communes des hauts dirigeants des deux pays et de l’Accord sur les principes directeurs fondamentaux du règlement des questions maritimes entre le Vietnam et la Chine, conformément au droit international, a fortiori l’UNCLOS”. [4]

Le 3 mai, l’Administration de sécurité maritime chinoise annonçait officiellement la mise en route du forage. Le porte-parole du ministère vietnamien des Affaires étrangères Lê Hai Binh s’insurgeait :

L’emplacement d’opération du forage HD-981 exposé dans l’annonce chinoise est situé totalement dans la zone économique exclusive et sur le plateau continental du Vietnam, à environ 120 miles nautiques de ses côtes. [5]

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La plateforme chinoise Haiyang Shiyou 981 © 2014 Petrotimes

Pour faire valoir son bon droit et pour démontrer que cet acte ne fait pas l’unanimité en Chine populaire, l’agence de presse francophone Vietnam + mobilisa ses talents de propagandiste en relayant la voix d’un intellectuel chinois :

Dans un texte publié le 6 mai sur son blog à la page 163.com, le célèbre intellectuel chinois Li Ling Hua a affirmé que la Chine étant une partie de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 (CNUDM 1982), elle doit mener des actes conformément aux articles 74 et 83 de celle-ci aux termes desquels elle doit respecter le plateau continental et la zone économique exclusive de 200 milles marins des pays environnants. [6]

D’autres voix importantes se sont fait entendre comme celle de la porte-parole du Département d’État américain Jen Psaki qui évoque un acte “provocateur” pouvant déstabiliser la région [7]. Les voix des intellectuels et blogueurs vietnamiens n’ont par contre pas retenu l’attention de l’agence officielle. Dans un entretien avec le journaliste Tran Quang Thanh (Radio Chan Troi Moi), le dissident et intellectuel iconoclaste Ha Si Phu constatant l’inefficacité de la politique vietnamienne face au grand frère communiste en appelait à la mobilisation populaire pour renverser la situation [8].

Dans le même registre, une vidéo de deux minutes postée sur You Tube par Dân Làm Phim (Les citoyens cinéastes) tourne en dérision les vaines protestations officielles de la RSVN face à la politique de fait accompli de la Chine populaire. Elle met en scène l’espace vietnamien peu à peu envahi par son voisin du Nord. Sur un fond musical digne d’un mauvais film à suspense, la vidéo pose cette question aux citoyens : “Ami, lorsque le Viêt-Nam sera complètement occupé par la Chine, où seras-tu, que feras-tu ?”

Les réactions au sein de la société civile et de la blogosphère sont encore plus explicites. Une des premières émanent de l’avocat dissident Cu Huy Ha Vu qui, de son exil forcé aux États-Unis, a proclamé lors d’une conférence de presse qu’il rentrerait tôt ou tard dans son pays pour y défendre son peuple et sa patrie contre l’expansionnisme chinois [9]. Ce regain de nationalisme et de positionnement contre la Chine risque de donner du fil à retordre à la Sécurité publique vietnamienne qui doit déjà savoir que dès dimanche prochain deux manifestations sont programmées à Hanoi et à Saigon. En effet, 20 associations et groupes issus de la société civile se sont d’ores et déjà données le mot d’ordre pour exprimer le ras-le-bol des Vietnamiens face aux empiètements récurrents de la Chine. [10]

Trois mots d’ordre accompagnent cet ordre de mobilisation intitulé “Protéger la Patrie” (image ci-dessous). Le premier consiste à protester contre “l’invasion” chinoise en Mer orientale, il interpelle directement la Chine populaire. Le second est en direction de l’État vietnamien, pressé de trouver une solution en s’appuyant sur le peuple pour faire cesser les provocations chinoises dans la zone maritime vietnamienne. Le troisième mot d’ordre vise à faire libérer sept dissidents et blogueurs actuellement emprisonnés pour leurs actions patriotiques : Điếu Cày – Nguyễn Văn Hải, Bùi Thị Minh Hằng, Trần Huỳnh Duy Thức, Nguyễn Xuân Nghĩa, Việt Khang, Trần Vũ Anh Bình, Đinh Nguyên Kha. [11]

baovetoquoc-danlambaoDans sa politique de conquête des hydrocarbures la Chine choisit la manière forte. L’annonce publiée le 3 mai dernier par l’Administration de sécurité maritime chinoise avait fait savoir que le forage pétro-gazier HD-981 fonctionnerait du 2 mai au 15 août dans un emplacement de 15° 29′ 58 ” de latitude Nord et 111° 12′ 06” de longitude Est [12]. On imagine aisément la mauvaise surprise pour le Viêt-Nam qui, depuis juin 2011, tente avec un certain succès de réprimer les manifestations anti-chinoises dans les grandes villes. L’arrestation récente du blogueur Ba Sàm (Nguyen Huu Vinh) par la Sécurité publique n’arrange rien car elle est un avertissement contre ceux qui contestent la politique de la RSVN. Cette arrestation donne l’impression que l’État vietnamien, très embarrassé par cette situation, se plie aux injonctions chinoises. Les mots d’ordre de l’appel à manifester visent tout autant la Chine que l’État vietnamien. L’été risque donc d’être chaud.

FG, mise à jour le 08/05/2014.

[1] Jean-Luc Domenach, “Qui se souvient de Diên Biên Phu?”, Ouest-France, 07/05/2014.

[2] Yann Rousseau, “Cette nuit en Asie : Grave poussée des tensions entre la Chine et le Vietnam”, Les Echos, 07/05/2014.

[3] CPV, “Le Vietnam demande à la Chine de retirer sa plateforme de forage pétro-gazier des zones maritimes vietnamiennes”, Le journal en ligne du PCV, 07/05/2014.

[4] Idem.

[5] CPV, “Le Vietnam s’oppose fermement aux activités étrangères illégales dans ses zones maritimes”, Le journal en ligne du PCV, 05/05/2014.

[6] VNA, “Opinions publiques : la Chine doit respecter la CNUDM 1982”, Vietnam +, 07/05/2014.

[7] VNA, “Plate-forme chinoise en Mer Orientale, “une provocation”, Vietnam +, 07/05/2014.

[8] Hà Sĩ Phu: Chỉ nhân dân Việt Nam mới cứu được nước, Chan Troi Moi, 07/05/2014. (une leçon de real politik. La question de la réponse à apporter est à la toute fin de l’entretien).

[9] TS Cù Huy Hà Vũ họp báo ở Quốc hội Hoa Kỳ, RFA, 06/05/2014. (interview)

[10] Lời Kêu Gọi Biểu tình Yêu Nước của 20 Tổ Chức Dân Sự Việt Nam, Dan Lam Bao, 08/05/2014.

[11] Idem.

[12] CPV, “Le Vietnam s’oppose fermement aux activités étrangères illégales dans ses zones maritimes”, Le journal en ligne du PCV, 05/05/2014.

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Informations complémentaires


Conférence de presse de la RSVN rappelant que 80 navires chinois (dont 7 navires militaires) avaient pénétré dans les eaux vietnamiennes.

Une recherche par le mot clé “HD 981” (terme utilisé dans la presse vietnamienne) sur le moteur de recherche Google renvoie le 8 mai 2014 à 772 entrées soulignant l’important traitement médiatique dont bénéficie cette inquiétante affaire au Viêt-Nam.

L’expert australien Carl Thayer considère que la Chine lance un défi au Viêt-Nam et que cette manœuvre agressive est une réponse probable au récent tour d’Asie du président américain Barak Obama (AFP).

Suivre l’information sur la Mer de chine méridionale (Mer orientale pour les Vietnamiens) :

Articles en français des 08 et 09 mai :

Bandeau capturé sur les sites non officiels des plus hautes personnalités de la RSVN

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Le slogan dit : “S’opposer à l’agression chinoise”

La souveraineté réaffirmée du Vietnam sur les archipels de Hoang Sa (Paracels) et de Truong Sa (Spratly) [2013]

TruongSaHoangSa[ndlr] Lu sur le site officiel du PCV. L’information date d’avril 2013.

Des chercheurs vietnamiens et étrangers ont avancé des preuves juridiques et historiques affirmant la souveraineté du Vietnam sur les archipels de Hoang Sa (Paracels) et de Truong Sa (Spratly), lors d’un colloque international tenu à Quang Ngai (Centre).

Ce colloque international de deux jours intitulé “Souveraineté sur les archipels de Hoang Sa et Truong Sa – Aspects historiques et juridiques” s’est clôturé dimanche dans la ville de Quang Ngai, province éponyme du Centre. Il a réuni une cinquantaine de chercheurs vietnamiens et étrangers, dont des experts des Etats-Unis, de Russie, du Canada, de Suisse, d’Australie, d’Inde, de République de Corée, des Philippines et du Vietnam.

Des chercheurs ont mis au clair des preuves juridiques et historiques de la souveraineté du Vietnam sur ces deux archipels et ont discuté des orientations et solutions pour le règlement pacifique des différends en Mer Orientale, a déclaré le professeur associé-docteur Pham Dang Phuoc, directeur de l’Université Pham Van Dông, organisateur de ce colloque international.

Ils ont également montré que la Chine n’avait pas suffisamment de preuves de sa souveraineté sur ces deux archipels, tandis que le Vietnam l’a établie, selon eux, sur ces deux archipels, de façon continuelle et pacifique conformément au droit international.

Ils ont aussi repoussé la revendication irraisonnable d’une souveraineté sur ce que la Chine appelle la “ligne des neufs tronçons” et la fondation par la Chine de la soi-disant “Ville de Shansha”, revendication qui porte gravement atteinte à la souveraineté du Vietnam sur les deux archipels de Hoang Sa et de Truong Sa.

Ce dimanche, les délégués se sont rendus sur des sites historiques liés aux activités de pratique de la souveraineté du Vietnam sur les archipels de Hoang Sa et de Truong Sa. Ils ont également assisté à une cérémonie commémorative des soldats vietnamiens tombés pour la souveraineté du Vietnam sur Hoang Sa, laquelle est organisée dans le district insulaire de Ly Son, province de Quang Ngai.

VNA, 29/04/2013.

Source : Parti Communiste Vietnamien

Hoang Sa – Truong Sa : Petite bibliographie indicative [1974-2014]

Paracel&SpratlyLe 40e anniversaire de la bataille des Paracels et ses diverses commémorations (autorisées et non autorisées) au Viêt-Nam nous donne l’occasion de présenter une bibliographie indicative sur les différends en Mer de Chine méridionale. Toute référence importante manquante peut nous être signalée. Cette sélection d’ouvrages et d’articles sera ainsi complétée et mise à jour.

FG

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Documents officiels

  • Bộ ngọai giao, nước Cộng Hòa Xã Hội Chủ Nghĩa Việt Nam, Quần đảo Hoàng Sa và quần đảo TrườngSa : lãnh thổ Việt Nam, Hà Nội : Nxb Khoa Học Xã Hội, 1984, 25 p.
  • China. Wai jiao bu, La souveraineté incontestable de la Chine sur les îles Xisha et les îles Nansha : document du Ministère des affaires étrangères de la République populaire de Chine, 30 janvier 1980, Beijing, 23 p.
  • Ministry of Foreign Affairs, National Boundary Commission, Viet Nam’s Sovereignty over Hoang Sa and Truong Sa Archipelagoes, Hanoi : National Political Publishing House, 2012, 55 p.
  • Ministry of Foreign Affairs Socialist Republic of Vietnam, The HoàngSa and TrườngSa archipelagoes and international law, Hà Nội : Ministry of Foreign Affairs, 1988, 57 p.
  • Republic of Vietnam, Ministry of foreign affairs, White paper on the HoangSa (Paracel) and Truong Sa (Spratly) Islands, Saigon : Ministry of foreign affairs, 1975, 105 p.
  • Vietnam. Bộ ngoại giao. Vụ thông tin báo chí, Vietnam‘s sovereignty over the HoangSa and TruongSa archipelagoes, Hà Nội : Ministry of Foreign Affairs, Socialist Republic of Viet Nam, 1979, 60 p.

Études vietnamiennes (en vietnamien et en français)

  • Đặc khảo về Hoàng Sa và Trường Sa, Sài Gòn : Sử địa, 1975, 350 p. (Tập san Sử địa,1975, n° 29).
  • Đinh Kim Phúc (chủ biên), Chủ quyền quốc gia Việt Nam trên hai quần đảo Hoàng Sa – Trường Sa, Hà Nội : Nhà xuất bản Tri thức, 2010, 150 p.
  • Les Archipels Hoàng Sa et Trưòng Sa (Paracels et Spratly) : dossier, Hanoi : Le Courrier du Vietnam, 1981, 58 p.
  • Lưu Văn Lợi, Cuộc tranh chấp Việt-Trung về hai quần đảo Hoàng Sa và TrườngSa : lưu hành nội bộ, Hà Nội : Nxb Công an nhân dân, 1995, 213 p.
  • Lưu Văn Lợi, Le différend vietnamo-chinois sur les archipels Hoàng Sa et Trường Sa, Hanoi : Editions Thế Giới, 1996, 139 p.
  • Lưu Văn Lợi, The Sino-Vietnamese difference on the Hoàng Sa and Trường Sa archipelagoes, Hanoi : Thế Giới Publishers, 1996, 157 p.
  • Nguyễn Q. Thắng, HoàngSa, Trường Sa, Thành phố Hồ Chí Minh : Nxb Trẻ, 1988, 235 p.
  • Nguyễn Q. Thắng, Hoàng Sa – Trường Sa lãnh thổ Việt Nam nhìn từ công pháp quốc tế, Hà Nội : Nhà xuất bản Tri thức, 2008, 399 p.
  • Nguyễn Việt Long, Hoàng Sa – Trường Sa các sự kiện, tư liệu lịch sử – pháp lý chính. Tập 1 (Thế kỷ XV- 2000), Thành phố Hồ Chí Minh : Nxb Trẻ, 2014.
  • [Nhiều tác giả], Bằng chứng lịch sử và cơ sở pháp lý. HoàngSa,TrườngSa là của Việt Nam = Paracel and spratly belong to Vietnam, TP Hồ Chí Minh : Nhà xuất bản Trẻ, 2011, 359 p.
  • Quần đảo HoàngSa và quần đảo TrườngSa, bộ phận lãnh thổ của Việt Nam, Hà Nội : Sự thật, 1982, 54 p.
  • Quang Loi, Le Minh Nghia, Vu Phi Hoang… [et al.], Les Archipels HoangSa et TruongSa (Paracels et Spratly) : dossier. II, Hanoi : Le Courrier du Vietnam, 1984, 170 p.
  • Thiện Cẩm (chủ biên), Biển Đông và hải đảo Việt Nam : kỉ yếu tọa đàm khoa học, Hà Nội : Nhà xuất bản Tri thức, 2010, 164 p.
  • Tran-Minh Tiet, L’agression sino-communiste des îles Paracel viêtnamiennes. La guerre pour la paix, Paris : Nouvelles éditions latines, 1975, 100 p.
  • Trần Thế Cung & Nguyễn Văn Thanh (Eds.), Tưởng niệm 40 năm Tết Mậu Thân & 34 Trận Hải Chiến Hoàng Sa của Hải Quân Quân Lực VNCH, Westminster (Californie) : Tuần báo Trách Nhiệm, 2008.
  • Viện khoa học và công nghệ Việt Nam, Biển Đông, Hà Nội : Nhà xuất bản Khoa học tự nhiên và công nghệ, 2009, 4 volumes.
  • Võ Long-Tê, Les archipels de Hoàng-sa et de Trường-sa selon les anciens ouvrages vietnamiens d’histoire et de géographie, Saigon : Ministère de la Culture, de l’Éducation et de la Jeunesse, République du Vietnam, 1974, 201 p. (préface de Nguyễn Thế-Anh ; poème-préface de Tố-nguyên Nguyễn Thọ-Dực).
  • Vũ Hữu San, Địa-lý Bien Đông với hoàng-sa và trướng-sa = Eastern sea geography and Paracel, Spratly archipelagoes, Fremont, Calif.: Uy-ban bao-vệ sự vẹn-toàn, [1995], 264 p.
  • Vũ Phi Hoàng, Hai quần đảo Hoàng Sa và Trường Sa, bộ phận lãnh thổ Việt Nam, Hà Nội : Quân đội nhân dân, 1988, 102 p.

Monographies en langues occidentale et chinoise

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  • Emmers, Ralf, Geopolitics and maritime territorial disputes in East Asia, London – New York : Routledge, Routledge security in Asia Pacific series, no. 11, 2010, 188 p.
  • Fu, Kuncheng & Shui Binghe, Zhongguo yu Nan Zhongguo Hai wenti [China and the South China Sea issues], Taibei : Wen jin tang shuju, 2007, 446 p.
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  • Lasserre, Frédéric, Le dragon et la mer. Stratégies géopolitiques chinoises en mer de Chine du Sud, Paris – Montréal, L’Harmattan, 1996, 320 p.
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Articles de recherche

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  • Thao, Nguyen Hong [Nguyen Hong Thao], “Vietnam and the Code of Conduct for the South China Sea”, Ocean development and international law, 2001, Vol. 32, issue 2, pp. 105-130.
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  • Valero, Gerardo M. C., “Spratly archipelago dispute: Is the question of sovereignty still relevant?”, Marine Policy, 1994, Vol. 18, issue 4,  pp. 314 -344.
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Voir aussi :

Hoàng Sa Việt Nam: Nỗi đau mất mát – La Meurtrissure

[ndlr] Il y a 40 ans, le 19 janvier 1974, aux îles Paracels, la République du Viêt-Nam (Sud) s’engageait dans un combat maritime avec la République de Chine Populaire. Cette courte bataille des îles des Paracels fut gagnée par la Chine qui s’empara des îlots historiquement revendiqués par les Vietnamiens. A travers un regard à la fois politique et anthropologique, le documentaire d’André Menras rend hommage aux familles de pêcheurs encore victimes aujourd’hui des tensions engendrées par la politique de fait accompli de la Chine populaire. Rencontre émouvante avec ces familles oubliées.

 

Nguyễn Đình Đầu : Người Việt Nam không chia rẽ – Les Vietnamiens ne sont pas divisés

nha-nghien-cuu-nguyen-dinh-dau[ndlr] Entretien rare avec le chercheur Nguyen Dinh Dau, originaire de Hanoi, aujourd’hui âgé de 93 ans. Avant de débuter l’entretien, le commentateur rappelle brièvement le parcours personnel de Nguyen Dinh Dau avant 1975 au sein de la résistance anticoloniale, de la révolution de 1945 puis aux côtés de la “Troisième force” pendant la guerre du Viêt-Nam.

Filmé dans son appartement d’Ho Chi Minh-Ville, le vieil homme se remémore la chute de Saigon en évoquant le rôle clé de Duong Van Minh le 30 avril 1975. Il rend ensuite hommage au général Tran Van Tra en insistant sur le caractère “national et uni” des Vietnamiens. Il entend ainsi mettre l’accent sur l’importance de la réconciliation nationale, raison qui le poussa à rester au Viêt-Nam après la réunification. L’entretien se concentre peu après sur la question sensible des îles Spratleys et Paracels à travers les cartes. Cela lui permet de réaffirmer la souveraineté ancienne du Viêt-Nam sur ces îlots contestés. Depuis des décennies, Nguyen Dinh Dau a rassemblé pour ses recherches un fonds cartographique exceptionnel de plus de 3000 cartes.

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