Archives par mot-clé : histoire

Bourdieu aujourd’hui: entretien avec l’historien, Blaise Wilfert-Portal [2012]

mediapart[ndlr] Pour illustrer notre propos lors de la séance introductive du séminaire, voici un petit rappel des liens possibles entre histoire et sociologie, en l’occurrence ici celle de Pierre Bourdieu. Retour sur la notion de champ, espace social de position, et questionnement autour des notions de monde social et d’État national.

 


Bourdieu aujourd’hui: entretien avec l… par Mediapart

A l’occasion des dix ans de la mort de Pierre Bourdieu et de la parution de son cours « Sur l’Etat », Mediapart a interrogé de jeunes chercheurs sur l’actualité de la pensée du sociologue. Ici, l’historien, Blaise Wilfert-Portal, maître de conférences à l’Ecole Normale Supérieure.

Profil de Blaise Wilfert-Portal (ENS)

Journée rencontre : L’immigration vietnamienne – Villeurbanne / samedi 11 octobre 2014

Dans le cadre de l’année du Viêt Nam en France, le collectif « Année France-Viêt Nam » propose une journée-découverte autour de l’immigration vietnamienne en France au siècle dernier. Ponctuée de plusieurs rendez-vous, cette journée se déroule au Rize et se prolonge par une soirée à la MJC de Villeurbanne.

ImmigrationVietnamienne_Rize_2014Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Source : Le Rize

Nguyễn Thế Anh : Un vingtième siècle vietnamien [parution]

NguyenTheAnh_UnXXeSiècleVietnamien[ndlr] Avis de parution d’un recueil d’articles du Professeur Nguyen The Anh. Présentation de la quatrième de couverture.

« L’émergence en 1949 de la Chine communiste étant apparue aux yeux des États-Unis comme une menace pour toute l’Asie du Sud-Est, la guerre entre la France et les Vietnamiens s’est transformée en un test de la résistance occidentale à la progression communiste. La partition du Viêt-Nam le long du 17e parallèle s’étant ensuite institutionnalisée, le Sud Viêt-Nam est devenu la sentinelle avancée de la lutte anticommuniste. Consécutivement, l’Organisation du Traité de l’Asie du Sud-Est, constituée en 1954 à Manille, a consacré la division idéologique de l’Asie du Sud-Est en deux ensembles hostiles.

Ces événements ont eu de fortes incidences sur la perception même du Viêt-Nam. En effet, dans le contexte de la guerre du Viêt-Nam, l’attention s’est portée notamment sur la définition de l’identité vietnamienne, la question étant de savoir lequel des deux gouvernements, celui de Hà-Noi ou celui de Saigon, serait le plus fondé à représenter le vrai Viêt-Nam. Autrement dit, il s’agit de spécifier les bases sur lesquelles doit être construit un État-nation moderne, sur une idéologie (plus précisément sur le communisme ou le capitalisme) ou sur une certaine conception de l’histoire et de la culture. Dans ces débats, l’histoire en particulier est devenue une discipline engagée, et les batailles d’historiens ont pris très tôt l’aspect de batailles politiques, la recherche historique étant conçue par les uns comme un moyen de mettre en accusation le colonialisme occidental, et par les autres comme une contribution à la défense de l’œuvre impériale accomplie. »

extrait de l’article “Le Viêt-Nam : une société unique ?”.

 

Tables des matières :

  • France-Indochine, un siècle de rapports politiques et culturels
  • Le Việt-Nam entre confucianisme et modernité
  • L’élite intellectuelle vietnamienne et le fait colonial dans les premières années du XXe siècle
  • Du rêve mandarinal au chemin de la révolu­tion :  Hồ Chí Minh et l’École Coloniale
  • Le Việt-Nam : une société unique ?
  • L’engagement politique du bouddhisme au Sud-Việt-Nam dans les années soixante
  • 1975 : le mécanisme d’une débâcle
  • Dissensions internes et rénovation
  • Parti communiste et libéralisation économique au Việt-Nam

Nguyên Thê Anh, directeur d’études émérite à l’École Pratique des Hautes Études, nous livre une série d’articles sur quelques points essentiels de l’histoire du XXè siècle au Viêt-Nam, où il a été recteur d’Université.

Source : Les éditions de La Frémillerie

 

Paracel Spratly Archipelagos – Historical Truth [Danang 19-21 June 2014]

[ndlr] Mise en ligne sur le site de Tran Huu Dung (Viet Studies) des communications faites au colloque de Danang des 19-21 juin 2014.

HoangSaTruongSa_SuThatLichSu_2014Pour accéder au PDF en ligne (18 MB), cliquez sur l’image

TƯ LIỆU ĐẶC BIỆT:  Toàn Bộ Kỷ Yếu Hội Thảo Hoàng Sa – Trường Sa (Đà Nẵng 19-21-6-14)

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Chloé-Mélie Mazzani : Phan Châu Trinh, la république imaginée

[ndlr] Soutenance de mémoire de M2 en histoire contemporaine.

Logo_ENS

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Phan Châu Trinh,
la République imaginée

PhanChauTrinh

Mémoire soutenu le 24 Juin 2014
Par Chloé-Mélie Mazzani

Mémoire de Master 2 d’Histoire contemporaine
2013/2014

Directeur de mémoire : M. François Guillemot, de l’Institut d’Asie Orientale.

Introduction (extraits). Le nom de Phan Châu Trinh est encore aujourd’hui gravé dans les mémoires vietnamiennes comme étant celui d’un des pères du nationalisme, tenant une place d’honneur au sein du panthéon national. On se souvient de lui pour avoir été un penseur réformiste qui, toute sa vie durant, a prêché la non violence et la modernité. Ce que les livres d’histoire retiennent peut être moins, c’est que Phan Châu Trinh, à la différence de son contemporain Phan Bội Châu, était avant tout favorable à la collaboration franco-annamite et que pour lui, l’indépendance du Viêt-Nam n’était envisageable que sur le long terme, une fois que le peuple vietnamien aurait suffisamment évolué.

Né en 1872 dans la province de Quảng Nam, connue pour être une pépinière de penseurs progressistes, Phan Châu Trinh adhère rapidement aux idées modernes véhiculées par les écrits de penseurs chinois comme Liang Qichao (1873-1929) et Kang Youwei (1858-1927). La présence coloniale française en Indochine mais aussi les incroyables bouleversements que connaît le Japon de l’ère Meiji convainquent le jeune homme de la nécessité d’engager le peuple vietnamien sur la voie de la modernité en rénovant la vieille tradition confucéenne et en s’inspirant des nouveautés techniques et intellectuelles venues d’Occident.

Tout au long de sa vie, Phan Châu Trinh n’a de cesse de dénoncer les injustices commises en Indochine par le système colonial et les mandarins de la Cour de Hué, ce qui lui vaut de se créer de nombreux ennemis et de n’éviter le bagne à perpétuité qu’au prix d’un exil de près de quinze ans en France. Durant son long séjour en Métropole, Phan s’intéresse de très près à la culture politique française : séduit par les principes de la République, il déclare que le Viêt-Nam libre sera une démocratie ou ne sera pas. Malgré cette fascination pour le modèle républicain, il continue à confronter les dirigeants de la Troisième République à l’attitude indigne de ses représentants en Indochine. Persuadé que la civilisation vietnamienne est en plein déclin et que seuls l’éducation du peuple et l’éveil patriotique pourront améliorer la situation du pays, Phan Châu Trinh incite les jeunes Vietnamiens à venir en France s’inspirer des pratiques métropolitaines.

À Paris, Phan se trouve au coeur d’un réseau mettant en lien des activistes politiques annamites de renom, tels Nguyễn Ái Quốc ou Nguyễn An Ninh, des étudiants vietnamiens et plusieurs membres de la haute administration française. Pendant des années Phan Châu Trinh s’efforce de faire connaître la cause annamite aux Métropolitains, convaincu de la nécessité que les Français civilisés de la métropole rappellent aux Français dévoyés de la colonie l’exigence de justice et d’humanité de la République. En d’autres termes, Phan Châu Trinh croit en la mission civilisatrice de la France. Il considère d’ailleurs cette dernière comme un moyen de transfert des qualités techniques et intellectuelles modernes vers le Viêt-Nam, qui pourra, en se modernisant et en atteignant un degré de civilisation proche de celui des Français, obtenir l’indépendance sans risquer de sombrer aussitôt sous la coupe d’une autre puissance étrangère. C’est ainsi qu’il imagine l’avènement de la République vietnamienne.

En étudiant les conditions dans lesquelles s’est formée sa pensée, nous pouvons envisager le transfert des exigences modernistes à la population vietnamienne, qui à son tour va se prendre à imaginer un avenir meilleur. Nous pourrions dès lors considérer que, plus que les difficultés du quotidien, c’est l’espoir d’un futur meilleur qui a motivé l’engagement politique puis révolutionnaire des Annamites. L’action pour le changement a lieu à partir du moment où la situation n’est plus seulement vécue mais est aussi pensée : c’est le décalage entre ce qu’on pense être et ce qui pourrait être qui déclenche la mobilisation. Phan Châu Trinh participe à la diffusion dans la société vietnamienne des années 1920 des notions de justice, de démocratie et de fierté patriotique, et de là, à la constitution d’une première forme de nationalisme indochinois. Si sa mort causée par la tuberculose en 1926 l’empêche de mener à bien son projet de réforme et de collaboration, le rassemblement auquel Phan Châu Trinh contribue s’avère une étape décisive sur le chemin de la mobilisation nationaliste, même si celle-ci s’éloignera des idéaux tracés par le penseur moderniste pour prendre finalement la forme de la révolution communiste et antifrançaise.

Pham Van Thuy : Beyond Political Skin – Convergent Paths to an Independent National Economy in Indonesia and Vietnam (1930-65)

1957_Indonesia_stamp[ndlr] Message de Philippe Peycam, retrancris ci-dessous avec son aimable autorisation.

It is my great pleasure to inform you about the successful Ph.D. defense of Dr. Pham Van Thuy, here at Leiden University, just two days ago.The title of Pham Van Thuy’s thesis: “Beyond Political Skin: Convergent Paths to an Independent National Economy in Indonesia and Vietnam (1930-65).”

As the title indicates, Thuy’s research interests focuse on comparative historical study of the political economy of Vietnam and Indonesia as well as other Southeast Asian countries in the colonial and post-colonial periods. The thesis itself is a very important piece of research on a neglected subject: a comparison of the policies developed by the two newly independent and war-embroiled Indonesian and Vietnamese (DRV and RVN) states. I am attaching the thesis’s abstract to this email.

Thuy’s scholarly achievement is in many ways exceptional. From Vietnam National University (VNU) in Hanoi where he obtained his first BA degree in 2005, he joined the ENCOMPASS (Encountering a Common Past in Asia) programme a the Institute for History, University of Leiden. This means that Thuy studied simultaneously three languages – English, Bahasa Indonesia and Dutch – whilst he completed a second BA (2007) and then an MPhil degree (2009) before being appointed to a four-year Ph.D. position at the Faculty of Humanities, Leiden University, to carry out his doctoral research. Since 2006, he is Lecturer at VNU’s Faculty of History, School of Social Sciences and Humanities.

Pham Van Thuy is one of the few young Vietnamese historians who can claim to be truly knowledgeable about another Southeast Asian country, its language as well as the language of its former colonial occupyers. He used the two languages to work at both the Dutch and Indonesian archives and to read secondary source materials. Understandably, after having devoted comparably more efforts to research on Indonesia, he wants to deepen his knowledge about his own country and interact more with other Vietnam scholars. He is currently studying French and already plans to go to Aix-en-Provence!

Philippe Peycam
IIAS

Source : VSG

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Asbract

Beyond Political Skin:

Convergent Paths to an Independent National Economy in Indonesia and Vietnam

The study discusses the transformation from a colonial into a national economy in Indonesia and Vietnam. It focuses on two intertwined processes of economic decolonization and reconstruction in the two countries after the Second World War, paying special attention to political and institutional factors involved in these processes. The study demonstrates that, although differences in the political situations resulted in the adoption of divergent strategies, Indonesia and Vietnam were in fact pursuing similar long-term goals, namely: to attain an independent national economy. The Indonesian government was determined to get rid of the economic legacy of Dutch colonialism by placing the whole economy under the strong state control and ownership, in accordance with the spirit of Guided Democracy and Guided Economy in the late 1950s and the early 1960s. This effort resembled much the socialist transformation of North Vietnam in the late 1950s and the various means by which the Ngo Dinh Diem government of South Vietnam concentrated economic power in its hands during the late 1950s and the early 1960s.

Jérémy Jammes : Les Oracles du Cao Đài [parution]

Jammes_LesOraclesDuCaoDai[ndlr] Parution d’une importante et stimulante étude sur le Caodaïsme de notre collègue Jérémy Jammes.

« Société secrète », « secte politico-religieuse », « syncrétisme vietnamien ». C’est par la tangente que le caodaïsme a été souvent approché, procurant une image déformée de ce mouvement religieux et de ses ressorts identitaires. Perméable à des influences occidentales tels que la franc-maçonnerie, le spiritisme ou encore la théosophie, imprégné des débats politiques indépendantistes de l’époque coloniale, acteur politique incontournable dans le sud du Viêt Nam jusqu’en 1975, le caodaïsme surprend et interroge. Qui se cache derrière la figure du Maître Cao Dài ? Pourquoi les caodaïstes vénèrent-ils Victor Hugo, Jeanne d’Arc ou encore Jésus aux côtés de divinités asiatiques ? Comment les oracles reçus lors de séances médiumniques interfèrent-ils dans le quotidien des fidèles et dans la géopolitique du groupe religieux ? Quels sont les liens du caodaïsme avec les sociétés secrètes et d’autres mouvements religieux « rédempteurs » apparus en Chine à la même époque ? Quelles sont les relations de la communauté caodaïste – forte de plus de deux millions de fidèles aujourd’hui au Viêt Nam et outre-mer – avec la République socialiste du Viêt Nam ?

C’est avec les outils de l’histoire, de l’ethnologie et de la sociologie des religions que Jérémy Jammes est allé sur le terrain à la rencontre de dignitaires, missionnaires et simples adeptes caodaïstes durant plus de quinze ans, collectant leur biographie, décryptant des écrits souvent ésotériques, pénétrant dans un maillage social complexe fait d’alliances et de compétitions religieuses et politiques. Loin d’être monolithique, le caodaïsme et sa communauté se donnent alors à voir comme une constellation de symboles, de réseaux et de logiques de pouvoir, des années 1920 à nos jours, à même de renouveler notre regard porté sur le Viêt Nam.

Jérémy Jammes, docteur en ethnologie (Paris X-Nanterre), est directeur adjoint de l’Institut de Recherche sur l’Asie du Sud-Est Contemporaine (IRASEC, MAE-CNRS) à Bangkok depuis 2010. Ses recherches portent sur les dynamiques religieuses au Viêt-Nam et au Cambodge, avec un intérêt particulier pour les activités missionnaires (caodaïstes, chrétiennes, bouddhiques).

Source : Indes Savantes

Réf.  : Jammes, Jérémy, Les oracles du Cao Đài. Etude d’un mouvement religieux vietnamien et de ses réseaux, Paris, Les Indes savantes, coll. Asie XXI, 2014, 613 p.