Une exposition à ne pas manquer sur l’histoire d’une digue construite en partie par des ONS vietnamiens. Pierre Michelon y présente un film réalisé avec Tran Van Rinh, un descendant d’ONS né dans la région et devenu artiste, et propose une installation de guirlandes de fanions sur lesquels il a tenté de reconstituer l’effectif complet des compagnies 53 et 62.
Argumentaire :
À la Faute, en 1947, on s’inquiète du « bras de mer » qui dévore les dunes. Une digue est construite au lieu-dit Les Mouettes. Ce chantier durera trois mois et réunira 83 « travailleurs indochinois » requis loin de leur pays, ainsi qu’une quinzaine de journaliers vendéens. Aujourd’hui, cette digue presque disparue porte encore, dans la mémoire de quelques habitants, un nom qu’aucune carte n’a jamais inscrit : la digue des Vietnamiens.
Depuis janvier 2025, Pierre Michelon mène une enquête sur ce chantier et sur les hommes qui l’ont composé — dans les archives, mais aussi auprès de leurs descendant·e·s, en France et au Viêt Nam. L’exposition fait ressurgir des premiers souvenirs : des visages, des banderoles, des histoires familiales qui n’ont pas toujours été transmises. Et, patiemment, quelques-uns de leurs noms.
L’artiste
Originaire de Nantes, Pierre Michelon a gardé une relation étroite avec les paysages insulaires de sa famille — Puyravault, Saint-Michel-en-l’Herm — anciennes îles asséchées par l’aménagement du marais poitevin. De cette attention au paysage est peut-être né un intérêt pour l’Histoire, objet central de ses réalisations. Les récits historiques qu’il construit intègrent sa position d’auteur et de chercheur, ainsi que les dispositifs expérimentaux qu’il met en scène. Performances, installations et films documentaires, les formes artistiques et politiques qu’il fabrique sont au service de vies qui demandent parfois réparation. Titulaire d’une thèse de recherche-création sur les récits de condamnés aux bagnes coloniaux, il prépare aujourd’hui deux monuments conceptuels, l’un consacré à Alfred Dreyfus et aux 22 089 dessins de ses cahiers de détention, l’autre à la digue des Vietnamiens, à La Faute-sur-Mer.
