Archives de catégorie : Signalements

Ngo Van : Au pays de la Cloche fêlée [réédition]

AuPaysDeLaClocheFelee[ndlr] Nous signalons la réédition en poche de l’ouvrage de Ngo Van (1913-2005) qui témoigne des “tribulations d’un Cochinchinois à l’époque coloniale”. Personnage attachant, simple et chaleureux, à la fois acteur et témoin des événements révolutionnaires en Cochinchine, Ngo Van a réussi dans chacun de ses ouvrages sur le Viêt-Nam à restituer la voix des oubliés du processus révolutionnaire, la voix de ses camarades, les “lutteurs” qui furent broyés par la machine stalinienne.

Trotskiste mais non orthodoxe, habité par le Nam Bo (Sud) où il est né, Ngo Van était ouvert aux autres et étonnamment proches de ses compatriotes paysans, caodaïstes ou bouddhistes Hoa Hao. Le résumé ci-dessous provient de la présentation de l’éditeur parisien suivie du préambule en ligne sur Amazon. L’ouvrage, d’une lecture autant passionnante qu’incontournable, permet de mieux saisir la complexité des enjeux révolutionnaires d’alors.

L’art d’être libre et debout en terre asservie

Ce livre retrace, au fil des souvenirs d’un témoin engagé, une époque qui se clôt avec le début de la guerre d’Indochine. Les luttes sociales et révolutionnaires de ce temps, au-delà de l’affrontement avec le très ubuesque pouvoir colonial, se sont achevées par l’extermination de bon nombre de leurs protagonistes – combattants de l’impossible, victimes d’une double terreur, coloniale et stalinienne. C’est cette mémoire confisquée par les idéologies de tous les pouvoirs que ce récit entend raviver.

Ngo Van (1913-2005) naquit au hameau de Tân Lô à 15 km de Saigon. Il commença à travailler à l’âge de 14 ans dans la capitale cochinchinoise. En 1932, il rejoignit le mouvement communiste antistalinien et partagea la lutte des révolutionnaires au Viêtnam jusqu’à son émigration en France en 1948, où il devint métallo et fin lettré…

Préambule

NgoVan«Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger», pensait Blaise Pascal. A considérer l’actuelle République dite socialiste du Viêt-nam et son histoire officielle, acceptée partout quasiment sans esprit critique, je ne peux lire cette maxime sans ressentir avec force à quel point je suis un survivant.

Dans Viêt-nam 1920-1945, révolution et contre-révolution sous la domination coloniale*, j’ai essayé de restituer cette période qui fut marquée non seulement par la lutte contre l’impérialisme colonial, mais aussi par des mouvements qui tendaient radicalement à une révolution sociale, viscéralement internationaliste et insoumise à la stratégie de la Russie stalinienne. C’est sous l’angle d’un témoignage direct que je veux ici parler de ce temps. La plupart des participants à ce combat, quand ils ne furent pas massacrés, emprisonnés, envoyés au bagne par le pouvoir colonial français ou contraints à l’exil, tombèrent sous les coups mortels du parti, fondé par Ho chî Minh, qui portait l’étiquette «communiste».

Onze ans à peine s’étaient écoulés depuis la révolution d’Octobre en Russie quand je me suis trouvé consciemment confronté à la réalité oppressive de la société indochinoise et en révolte contre elle. Pour moi comme pour tant d’autres, la révolution russe c’était le signe plein d’espoir d’une libération possible. Pourtant déjà, au fil de mes années d’apprentissage de la vie et de la révolte, à travers de rares informations, des signaux inquiétants nous arrivaient aussi de là-bas. Des opposants révolutionnaires étaient traqués, Trotski venait d’être exilé. Par le biais de la IIIe Internationale, Staline imposait une stratégie totalitaire qui nous semblait trahir un internationalisme consubstantiel à tout engagement révolutionnaire. C’est tout naturellement autour des idées et des partisans de Trotski que s’est organisée notre critique du pouvoir stalinien, dont l’horreur s’exacerba de manière spectaculaire avec les procès de Moscou.

Depuis mon départ d’Indochine en 1948, si l’espoir et la conviction d’une nécessaire subversion d’un ordre du monde abject ne m’ont jamais quitté, ils se sont nourris aussi de réflexions nouvelles sur le bolchevisme et la révolution. J’ai retrouvé en France, dans les usines et ailleurs, des alliés, des Français, des colonisés, des Espagnols – autres survivants – lesquels, avec le POUM ou les anarchistes, avaient vécu une expérience parallèle à la nôtre : celle d’être engagés dans un combat sur deux fronts, contre un pouvoir réactionnaire et contre un parti stalinien en quête de pouvoir.

Ces rencontres, une relecture de Marx éclairée par les travaux de Maximilien Rubel, la découverte de l’existence des Conseils ouvriers dans la Bavière de 1919 ou de la révolte de Kronstadt dans la Russie de 1921, puis la résurgence des Conseils ouvriers dans la Hongrie de 1956, m’ont amené à la recherche de nouvelles perspectives révolutionnaires qui m’ont éloigné du bolchevisme-léninisme-trotskisme, développant en moi une méfiance absolue à l’égard de tout ce qui peut devenir «appareil». Les partis dits ouvriers (le parti léniniste en particulier) sont des embryons d’État. Une fois au pouvoir, ces partis constituent le noyau de la nouvelle classe dominante, et ne peuvent donner naissance qu’à un nouveau système d’exploitation de l’homme par l’homme. «L’existence de l’État et l’existence de l’esclavage sont indissociables» (Karl Marx).

«Ceux qui sont maîtres du présent, pourquoi ne seraient-ils pas maîtres du passé ?» écrivait avec lucidité George Orwell. Quand l’histoire épouse le discours du vainqueur, recouvrant et noyant toutes les luttes passées dans un manichéisme qui dissout les vrais enjeux, le présent s’impose comme inéluctable fatalité. L’avenir des sociétés humaines dépend donc de leur capacité à reprendre ce passé des mains froides de leurs maîtres actuels. Des voix se sont perdues : il faut tenter de leur redonner vie, retrouver la trace vivante de ce relais de révolte qui traverse les temps – et tenter de la restituer, comme un passage de témoin.

* L’Insomniaque, 1996 ; réédition Nautilus, 2000.

Réf.  Ngo Van, Au pays de la Cloche fêlée. Tribulations d’un Cochinchinois à l’époque coloniale, Paris, L’Insomniaque, Petites insomnies, 2013, 221 p.

Pour en savoir plus :

Henry A. Prunier, 91, U.S. Soldier Who Trained Vietnamese Troops, Dies –

[ndlr] Article du New York Times rapportant la nouvelle du décès de Henry A. Prunier (1921-2013), membre de l’Office of Strategic Services (OSS), l’agence de renseignements des Etats-Unis pendant la Seconde guerre mondiale qui aida et entraîna les premières troupes du Viêt Minh en 1945. L’article de Douglas Martin révèle quelques détails intéressants sur le général Vo Nguyen Giap et la personnalité de l’Oncle Ho. Il souligne le rôle décisif des Américains malgré une courte présence…

Members of the O.S.S. Deer Team with Viet Minh leaders, including Ho Chi Minh, (standing third from left) during training in 1945. Henry Prunier is fourth from right.
Members of the O.S.S. Deer Team with Viet Minh leaders, including Ho Chi Minh, (standing third from left) during training in 1945. Henry Prunier is fourth from right.

Henry A. Prunier taught Vo Nguyen Giap, the Vietnamese general who withstood the armies of France and the United States, how to throw a grenade.

The lesson came in July 1945, after Mr. Prunier and six other Americans had parachuted into a village 75 miles northwest of Hanoi on a clandestine mission to teach an elite force of 200 Viet Minh guerrillas how to use modern American weapons at their jungle camp.

The Americans, members of the Office of Strategic Services, the United States’ intelligence agency in World War II, wanted the guerrillas’ help in fighting the Japanese, who were occupying Indochina. The Viet Minh welcomed the American arms in their struggle for Vietnamese independence.

Lire la suite : The New York Times, 17/04/2013.

Pour en savoir plus sur le rôle de l’OSS auprès du Viêt-Minh, voir :

 

Andrew Lam: Our Vietnamese Hearts – The Diaspora 38 Years Later

[ndlr] A lire sur le blog du Huffington Post : l’écrivain et journaliste américain d’origine vietnamienne Andrew Lam s’interroge sur l’identité des Vietnamiens exilés qui, après la chute de Saigon il y a 38 ans, le 30 avril 1975, ont quitté leur pays pour les Etats-Unis. Sa génération, américanisée, diffère de celle de ses parents toujours enfermée dans une logique d’exilés. L’appel de la terre natale taraude les Viet Kieu et si certains ont tenté le retour pour en quelque sorte “se retrouver”, d’autres, au regard de leur propre histoire, n’imaginent un retour au pays qu’avec un changement de régime politique. Andrew Lam livre ses impressions lors d’un voyage de San José à Little Saigon qui doit le mener sur le site du Mémorial de la guerre du Viêt-Nam à Westminster (photo ci-dessous).

Our Vietnamese Hearts – The Diaspora 38 Years Later

Andrew Lam

Mẹ Việt Nam ơi, Chúng Con Vẫn Còn đây (Oh Mother Vietnam, We Are Still Here)

The lyrics from this sentimental song come back to me once in a while, especially when I think of the Vietnamese Diaspora and its complicated relationship with its homeland. One bitter evening on April 30, 1976, in an auditorium in downtown San Francisco, my family and I sang it to mark our first anniversary in exile. The first of a handful of Vietnamese songs penned abroad after the end of a war that spurred an unprecedented exodus, Oh Mother Vietnam was sung the way a people who had just lost a country would sing it; that is, with tears in our eyes and a cry in our voices. Some in the audience, I remember, even wore white headbands, the kind worn at some funerals to mourn the dead.

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Vietnam War memorial in Westminster

Nearly four decades have passed since then. If I were to sing it now, not that I remember the lyrics entirely, I would sing it with a tone full of irony. So removed from that emotional juncture, I wonder to what extent is the song’s declaration still true? Vietnam is accessible now to the Diaspora, but to what extent are we still here for her? Who, in fact, are we?

Read more / Lire la suite : Huffington Post, 28/04/2013 ou sur The Cairo Review of Global Affairs, 22/04/2013. (pdf téléchargeable).

This essay originally appeared in the Cairo Review. Andrew Lam is editor and cofounder of New America Media, an association of more than three thousand ethnic media outlets in the United States. He is the author of Perfume Dreams: Reflections on the Vietnamese Diaspora, East Eats West: Writing in Two Hemispheres, and most recently, a collection of short stories, Birds of Paradise Lost.

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Tri Ta, the first Vietnamese American elected mayor of a U.S. city, in front of Vietnam War Memorial, Westminster, California, Nov. 9, 2012. © Allen J. Schaben/Los Angeles Times

Marini : Relation nouvelle et curieuse du royaume de Tunquin [nouvelle édition critique de Nguyễn Tấn Hưng]

[ndlr] Dans le cadre de la réédition critique des récits des anciens voyageurs européens au Viêt Nam, Nguyen Tan Hung a entrepris de reprendre et d’annoter ceux des missionnaires jésuites qui se trouvaient parmi les premiers Supérieurs de l’Église du Tonkin : Alexandre de Rhodes (1627-1630), Giovanni Filippo de Marini (1647-1658) et Joseph Tissanier (1658-1663). Cette édition dûment annotée intéressera les lecteurs curieux de redécouvrir le Viêt Nam du XVIIème siècle.

Nguyen Tan Hung a le plaisir de nous annoncer la parution de :

NguyenTanHung_Marini

 

Giovanni Filippo de Marini

(1608-1682)

Relation nouvelle et curieuse du royaume de Tunquin

 

Réactualisation et annotation de Nguyen Tan Hung

Préface de Philippe Papin

Réf. : Giovanni Filippo de Marini, Nguyen Tan Hung (édition annotée par), Relation nouvelle et curieuse du royaume de Tunquin, Éditions Joseph Ouaknine, 2013, 350 p. ISBN : 978-2-35664-079-6

Extrait de la préface :

La Relation nouvelle et curieuse du père Marini s’insère dans une série de tableaux descriptifs et de récits de voyage portant sur le Vietnam, et sur ses chrétientés, qui commence à la fin de la première moitié du XVIIe siècle et se poursuit, à des rythmes divers, jusqu’au cœur du XIXe siècle. Avant lui, les grands précurseurs que furent Giuliano Baldinotti, Christoforo Borri et Alexandre de Rhodes avaient déjà frayé la voie en témoignant de ce qu’ils avaient vu et appris au Vietnam. Aussi, au moment où il met en forme ses notes, autour des années 1660-1662, Filippo de Marini dispose-t-il, sur sa table de travail et sous forme de livres, déjà connus du public, d’un corpus solide de connaissances et d’impressions, d’anecdotes et de vérités, de faits avérés et d’idées reçues qui ont cours, qui sont bien établis et qu’il ne peut négliger. Ses affirmations, fondées sur une longue observation et une longue enquête, puisqu’il a vécu onze ans au nord du Vietnam, avec quelques interruptions, se glissent dans ce moule préexistant. D’autre part, et il faut s’en souvenir lorsqu’on les lit, Marini et ses semblables n’écrivent pas pour le seul plaisir de faire découvrir un pays et ses habitants ; ils accomplissent en réalité une mission prosélyte, laquelle succède à leur mission sur le terrain mais se tourne cette fois en direction de l’opinion lettrée européenne et, plus encore, en direction des relais de l’autorité politique en Europe. Baldinotti, Borri, Rhodes, Marini et tous les autres sont des militants, au sens originel du mot : ils mènent le combat, et ce combat vise à la défense et à l’expansion des chrétientés d’Asie. Par conséquent, l’image qu’ils fournissent du contexte local, de l’histoire et de la géographie, des mœurs et des coutumes, est une image qui vise avant toute chose à convaincre. On s’en persuadera en lisant la description par Marini de la richesse insolente du Vietnam, de cette abondance perpétuelle qui fait que l’habitant possède un estomac d’autruche et « ne se lève de table que quand il ne peut plus manger », le pays croulant sous le poids de ressources naturelles qui, précisément, sont celles que convoitent les négociants européens (bois, chanvre, coton, épices). On s’en persuadera encore en lisant ce qu’il dit du système politique local – si fragile qu’un rien pourrait le modifier – et d’une population robuste travailleuse qui, si elle était affranchie de la tyrannie de ses maîtres, userait de ses qualités à meilleur bénéfice.

Lire la suite sur Terre lointaine, le blog de Nguyen Tan Hung.

Barbara Vaillant : Boat People vietnamiens. Entre mémoire et diaspora

Vaillant_BoatPeople[ndlr] Parution d’une étude en français sur les Boat People vietnamiens. Cet ouvrage fut à l’origine un mémoire de Master 2 Recherche soutenu en 2008 par Barbara Vaillant. Ancienne étudiante de Sciences Po Lyon, elle a suivi le Master ASIOC (Asie Orientale Contemporaine) en 2007-2008. Elle a travaillé au Viêt-Nam pour Hainan Airlines, une compagnie aérienne chinoise, avant de se rendre à Pékin et Shanghai.

30 avril 1975, Vietnam. Les forces communistes du Nord Vietnam s’emparent de Saigon, la capitale du Sud. Commence alors ce qui constituera le plus grand exode de l’histoire du pays. Plus de 800.000 réfugiés de la mer contribuent à forger l’image mondialement connue des “Boat People”. Entassés sur des bateaux de fortune, ils empruntèrent des chemins d’exil multiples et périlleux. Beaucoup y perdent la vie en tentant de gagner les côtes des pays voisins d’Asie du Sud-Est ou celles de Hong-Kong.

Tự do“, liberté, criaient-ils il y a 35 ans et encore aujourd’hui. Nombreux sont les témoignages de leur expérience de part le monde : ouvrages stèles, monuments, musées, commémorations. Aujourd’hui, que sont devenus ces réfugiés ?

Entre Etats-Unis, France et Vietnam, l’auteur est allée à leur rencontre et a partagé leur quotidien, leurs préoccupations et, surtout, leur souvenirs. Aussi de cet ouvrage, transpirent, pour la première fois en langue française, le périple des Boat People, leur perception de l’histoire, de même que les tenants et aboutissants d’une mémoire collective en émergence, mise au regard du concept de diaspora. Au-delà de la “mémoires des esprits”, cet ouvrage engage une réflexion sur ces Vietnamiens d’hier et d’aujourd’hui qui par conviction, crainte, espoir ou désespoir, fuyèrent leur terre natale, à la recherche de la liberté.

Sommaire

Introduction

Partie 1 : La mémoire des “esprits”, odyssée des boat people vietnamiens

Ch. 1 : La catalyseurs et les acteurs de la fuite

  • Les premières vagues de départ : de 1975 au début des années 1980
  • Les vagues de départ des années 1980

Ch. 2 : Des voies plurielles, un traumatisme commun

  • “Les chemins de l’exil”
  • L’installation en pays d’accueil

Partie 2 : Vers l’émergence d’une mémoire collective : manifestations et enjeux

Ch. 3 : Enjeux mémoriels et identitaires au regard de la diaspora

  • Vers l’émergence d’une mémoire collective plus de trois décennies après le début de l’exode
  • Les lieux, la mémoire et la dynamique identitaire en diaspora

Ch. 4 : Les enjeux politiques sous-jacents

  • Aspiration à la reconnaissance d’un groupe minoritaire ancré politiquement
  • Une Mémoire, une Histoire, deux Vietnam

Conclusion

Bibliographie

Barbara Vaillant est titulaire d’un master de recherche en science politique spécialisé sur l’Asie orientale contemporaine, effectué conjointement au sein de l’Institut d’études politiques de Lyon (Sciences Po Lyon), de l’Université Lumière Lyon-2 et de l’Institut d’Asie Orientale (CNRS-ENS). Elle réside aujourd’hui à Shanghai.

Hồi ký Trần Quang Vinh – Mémoires de Tran Quang Vinh [1946]

TranQuangVinhSignalement de la mise en ligne des Mémoires de Tran Quang Vinh (1897-1975), dignitaire caodaïste, généralissime des Forces armées caodaïstes.

Son destin épouse celui du Viêt-Nam en révolution et en guerre. Il intègre les rangs de la hiérarchie caodaïste dès 1927 à l’âge de 30 ans. Il construit et dirige les forces armées caodaïstes à partir de 1943 et participe au coup de force japonais de mars 1945. Chef militaire, il mène la guerre au Viêt-Minh dans la région de Tây Ninh. Il rejoint plusieurs gouvernements nationalistes de Bao Dai pendant la guerre d’Indochine puis de nouveau entre 1964 et 1965 sous la République du Viêt-Nam. Il se rend au Congo en 1966 pour diffuser la religion caodaïste et enfin retourne au Viêt-Nam. Sa vie se termine le 30 avril 1975 lorsqu’il est arrêté dans le temple de Tây Ninh par les forces communistes. On ne sait s’il fut exécuté peu après ou décéda en camp de rééducation.

Les Mémoires mises en ligne sont celles qui ont été rééditées en 1996 (et 1997) aux Etats-Unis sous le titre “Mémoires de Tran Quang Vinh et histoire de l’armée caodaïste“. L’ouvrage est divisé en trois parties : la première concerne les mémoires de Tran Quang Vinh (pp. 8-93) ; la seconde est un complément (pp. 96-194) ; la troisième retrace “L’histoire du Caodaïsme à l’époque de la Résurrection nationale de 1941 à 1946” (pp. 196-295). Il est agrémenté d’une courte présentation (pp. 5-7) de la chercheuse Tran My-Van (University of South Australia) rédigée en septembre 1996 qui souligne l’importance de ce texte pour comprendre les différentes facettes de la religion caodaïste, les raisons de la création de son armée et le contexte vietnamien à partir de 1940. Il rassemble des textes publiés en 1946, 1967 et 1972.

L’ouvrage est désormais disponible en téléchargement libre en PDF ou en lecture sur la toile (en 17 épisodes).

FG, 02/05/2013

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United States Commission on International Religious Freedom – Vietnam in the 2013 Annual Report

USCIRF-Logo[ndlr] Le rapport annuel de la Commission des Etats-Unis sur la liberté religieuse dans le monde vient d’être mis en ligne le 30 avril 2013. Le Viêt-Nam a été réinscrit sur la liste des pays concernés par les violations en matière de droits religieux. Le rapport pointe du doigt le rôle d’une force de police spécialisée dite “Police des religions” (Công An Tôn Giáo) pour réprimer les groupes religieux indépendants (bouddhistes, caodaïstes, Hoa Hao ou protestants) ou les jeunes catholiques.  Cette publication officielle est divulguée alors que 5 groupes religieux importants ont publiés ce 1er mai 2013 une “Déclaration commune” en faveur de la démocratie dans le cadre de la refonte de la constitution de 1992.

Présentation succincte du rapport de l’USCIRF ci-dessous. A lire sur le site de l’organisation.

EXECUTIVE SUMMARY

FINDINGS: The government of Vietnam continues to expand control over all religious activities, severely restrict independent religious practice, and repress individuals and religious groups it views as challenging its authority. Religious activity continues to grow in Vietnam and the government has made some important changes in the past decade in response to international attention, including from its designation as a “country of particular concern” (CPC). Nevertheless, authorities continue to imprison or detain individuals for reasons related to their religious activity or religious freedom advocacy; independent religious activity remains repressed; the government maintains a specialized police for dealing with religious groups; legal protections for government-approved religious organizations are subject to arbitrary or discriminatory interpretations based on political factors; and converts to ethnic-minority Protestantism and Catholicism face discrimination, intimidation, and pressure to renounce their faith.

Given these systematic, ongoing, and egregious violations, USCIRF recommends that Vietnam be designated as a Country of Particular Concern country. The Commission has recommended that Vietnam be named a CPC since 2001. The State Department did so in 2004 and 2005, but removed the designation in 2006 because of progress toward fulfilling a binding agreement.

In this reporting period, groups and individuals viewed as hostile to the Communist Party or that refuse government oversight were arrested, detained, and harassed. Vietnam also issued a revised decree on religion that expanded control over religious affairs. Government officials continued to target Catholic communities, including with destruction of properties, detentions, and arrests. Police used force against Catholic clergy engaged in religious activities and continue to restrict members of the Redemptorist Order. Independent Protestants and Catholics in the Central Highlands were detained, beaten, and arrested in an ongoing campaign to repress their activities. Hoa Hao activists were sentenced for documenting religious freedom violations. Independent Hoa Hoa congregations, Cao Dai and Khmer Buddhist temples, and United Buddhist Church of Vietnam (UBCV) pagodas faced harassment and restrictions. Human rights defender Le Quoc Quan was arrested and is being held without charge.

PRIORITY RECOMMENDATIONS: The U.S. government should use its diplomatic and political resources to advance religious freedom and related human rights in Vietnam. The United States should use the CPC designation to spur high level engagement and achieve measurable improvements. Overall, U.S. policy, programs, and public statements should support those in Vietnam peacefully seeking greater freedoms and the rule of law. USCIRF recommends that any expansion of U.S. economic or security assistance programs in Vietnam be linked with human rights progress and the creation of new and sustainable initiatives in religious freedom and programs in rule of law and civil society development. Additional recommendations and benchmarks for U.S. policy toward Vietnam can be found at the end of this chapter.

Click here to view USCIRF’s 2013 Annual Report (PDF)